Le birr éthiopien a été la monnaie la moins performante d’Afrique subsaharienne en 2025, selon la dernière édition du Bulletin économique sur l’Afrique publiée ce week-end par la Banque mondiale.
Le rapport de la Banque mondiale du dernier week-end classe le birr éthiopien en tête des monnaies les plus faibles de la région sur l’année écoulée, aux côtés de la livre sud-soudanaise, dans un contexte marqué par des contraintes persistantes de financement extérieur et des déséquilibres macroéconomiques internes.
D’après le Bulletin économique sur l’Afrique, le birr s’est déprécié d’environ 18 % en glissement annuel à fin décembre 2025. La monnaie du Soudan du Sud a également enregistré une forte baisse sur la même période, bien que pour des raisons structurelles distinctes.
Au Soudan du Sud, la vulnérabilité monétaire reste étroitement liée au secteur pétrolier. Les perturbations répétées des oléoducs traversant le Soudan ont réduit les entrées de devises, compliquant le financement des importations et alimentant une inflation élevée, restée à des niveaux à trois chiffres entre mi-2024 et mi-2025.
En Éthiopie, la baisse du birr s’inscrit davantage dans un processus progressif lié aux réformes du marché des changes. Le rapport souligne que les efforts de libéralisation demeurent sous tension, avec un écart croissant — atteignant des niveaux élevés depuis fin décembre 2025 — entre le taux officiel et celui du marché parallèle, révélant un déséquilibre persistant dans l’allocation des devises.
La Banque centrale éthiopienne a poursuivi l’ajustement de son dispositif de change, notamment en relevant les plafonds appliqués à certaines transactions courantes. Ces mesures visent à réduire les distorsions du marché et à améliorer la liquidité, malgré le maintien d’écarts significatifs entre les différents taux.
À l’échelle régionale, la situation apparaît contrastée. Plusieurs économies exportatrices de matières premières ont profité de la hausse des prix et de politiques de soutien, tandis que l’Éthiopie continue de subir des pressions sur sa monnaie, en dépit d’une certaine résilience de son économie domestique.
Le rapport relève toutefois un ralentissement de l’inflation en Éthiopie, susceptible d’ouvrir la voie à un assouplissement progressif de la politique monétaire. Les exportations en Afrique de l’Est restent globalement solides, l’Éthiopie figurant, aux côtés du Kenya et de l’Ouganda, parmi les pays enregistrant encore une croissance de leurs ventes à l’étranger.
À moyen terme, les perspectives de croissance devraient être soutenues par le secteur agricole et l’augmentation des capacités de production d’électricité. La Banque mondiale met néanmoins en garde contre les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, susceptibles d’entraîner une hausse des prix de l’énergie et de freiner les progrès récents en matière de désinflation, compliquant ainsi la conduite de la politique monétaire.
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