Le ministère burkinabè en charge de la Santé a annoncé, mercredi à Ouagadougou, la tenue du Forum national sur le financement de la santé (FONAFIS 2026), prévu du 25 au 27 mars, avec l’ambition de poser les bases d’un système plus équitable et durable.
L’annonce du forum national sur le système de santé au Burkina a été faite au cours d’une conférence de presse animée par le ministre de la Santé, le Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou, qui a présenté cette rencontre comme une plateforme de réflexion et de prise de décision.
Selon le ministre, le FONAFIS 2026 réunira plus de 400 participants issus de divers horizons, notamment des décideurs politiques, des experts en santé, des représentants des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile ainsi que des acteurs du secteur privé.
Placée sous le thème « Bâtir un système de financement de la santé efficient et équitable pour une souveraineté sanitaire et la réalisation des objectifs du Plan national de développement 2026-2030 », la rencontre se veut résolument orientée vers des actions concrètes. Elle sera structurée autour de 27 sessions thématiques réparties sur trois jours.
Les travaux s’articuleront autour de trois axes majeurs : la souveraineté sanitaire, la mobilisation accrue des ressources nationales et la protection des populations contre les risques financiers liés à la maladie.
Au-delà des échanges, les autorités entendent faire de ce forum un cadre d’engagement concret, devant déboucher sur une feuille de route opérationnelle à l’horizon 2030. Le Burkina Faso prévoit également de s’inspirer d’expériences internationales jugées probantes, notamment celles du Rwanda, du Ghana, de la Thaïlande et du Maroc, tout en tenant compte de ses réalités nationales.
Le ministre de la Santé a, par ailleurs, mis en avant les progrès enregistrés ces dernières années dans le secteur.
« Entre 2010 et 2021, la mortalité maternelle a reculé de 42 %, passant de 341 à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes. La mortalité infanto-juvénile a chuté de 63 %, passant de 129 à 48 décès pour 1 000 naissances vivantes », a-t-il indiqué.
Malgré ces avancées, des défis majeurs subsistent. Les paiements directs des ménages représentent encore 44 % des dépenses courantes de santé, selon les comptes nationaux de la santé de 2023, exposant de nombreuses familles à des dépenses catastrophiques.
En outre, la dépendance au financement extérieur, qui couvre environ 21 % des dépenses totales de santé, fragilise la soutenabilité du système face aux fluctuations des priorités des partenaires.
« C’est cette réalité qui commande l’urgence d’agir, et c’est l’ambition du FONAFIS 2026 d’y apporter des réponses structurelles, durables et souveraines », a souligné le Dr Kargougou.
Dans ce contexte, le forum apparaît comme une opportunité de repenser en profondeur le modèle de financement de la santé au Burkina Faso, avec pour objectif de bâtir un système plus autonome, inclusif et résilient au service des populations.
HO/te/Sf/APA






