Le ministère de l’Économie du Gouvernement d’unité nationale (GUN) en Libye à demandé l’ouverture d’une enquête administrative et technique sur des crédits documentaires accordés à des sociétés importatrices d’huile végétale, pour un montant total de 52,3 millions de dollars, sans preuve d’entrée effective des marchandises sur le marché local.
Dans une correspondance officielle datée du 16 février, adressée au président de l’Autorité de contrôle administratif, le ministère de l’Economie du GUN en Libye indique avoir saisi l’instance compétente afin d’examiner la situation de plusieurs entreprises bénéficiaires de lettres de crédit destinées à l’importation de denrées alimentaires.
Selon ce document, un comité chargé d’évaluer le statut des fournisseurs a relevé des irrégularités significatives concernant l’importation et la distribution d’huile de cuisson.
Le comité précise que 30 sociétés n’ont pas complété leurs dossiers administratifs et n’ont fourni aucun justificatif attestant de l’importation effective ou de la mise en circulation locale des cargaisons concernées. Ces entreprises avaient pourtant bénéficié d’un délai supplémentaire pour soumettre les documents requis.
En l’absence de preuves tangibles de la présence des produits dans les circuits commerciaux ou dans les points de vente, le ministère a estimé nécessaire de saisir l’Autorité de contrôle administratif pour investigation.
Les données annexées à la correspondance indiquent que la valeur cumulée des lettres de crédit accordées à ces sociétés atteint 52 millions 318 468,2 dollars, soit près de 48 millions d’euros au taux de change actuel. Les montants sont répartis entre des dizaines d’opérateurs actifs dans l’importation et la transformation de produits alimentaires, principalement l’huile végétale, un produit de base stratégique pour la consommation des ménages.
Le document mentionne en outre que quatre entreprises ont été spécifiquement signalées pour des anomalies supplémentaires, notamment des incohérences dans les données déclarées, des divergences dans les appellations commerciales, des prix déclarés nettement supérieurs aux cours internationaux, ainsi que des dates jugées illogiques dans certains documents d’expédition et de dédouanement.
Cette demande d’enquête intervient dans un contexte de vigilance accrue des autorités à l’égard des mécanismes de financement du commerce extérieur, les lettres de crédit constituant un levier essentiel pour sécuriser les importations de produits de première nécessité. Le ministère affirme ainsi vouloir garantir la transparence des opérations et préserver la régularité de l’approvisionnement du marché national.
MK/AK/APA







