Vasundhara Oswal, figure montante de l’industrie est-africaine, a déposé une requête auprès de la Haute Cour de l’Ouganda contre de hauts responsables de la police et de la justice pour violation des droits humains après son arrestation en octobre 2024.
L’affaire secoue les milieux d’affaires et diplomatiques à Kampala. Vasundhara Oswal, citoyenne européenne de 27 ans et directrice de PRO Industries, l’un des fleurons de la production de bioéthanol en Afrique de l’Est, brise le silence.
Vasundhara, alors âgée de 26 ans, dit avoir été détenue « arbitrairement et emprisonnée illégalement pendant 21 jours malgré une ordonnance de libération du tribunal et l’absence de preuves », en violation de la Constitution ougandaise et du droit international.
La requête déposée devant la Haute Cour détaille un scénario alarmant. Mme Oswal affirme avoir été privée de ses médicaments et d’accès à son équipe juridique. Plus grave encore, la plainte mentionne des traitements inhumains et dégradants, incluant l’obligation de se déshabiller devant des officiers.
Parmi les personnalités visées par la procédure figurent des noms de premier plan : Joseph Obwona, directeur d’Interpol Ouganda, Joseph Kyomuhendo, chef de division au bureau du directeur des poursuites publiques (DPP).
Thomas Bbale, inspecteur de police, est désigné comme l’acteur principal des violations et soupçonné de collusion avec des extorqueurs. « Cette affaire constitue une violation flagrante de la législation ougandaise et du droit international », martèle le cabinet Volterra Fietta, qui représente la famille Oswal.
Au-delà du traumatisme personnel, cette action en justice soulève une question de fond : la sécurité des investisseurs étrangers en Ouganda. La famille Oswal dénonce une « conspiration » impliquant des officiels et des hommes d’affaires locaux visant à l’extorsion de fonds.
Elle indique que des bijoux et une caution de 200 000 dollars n’auraient toujours pas été restitués. Sa plainte s’articule autour de quatre axes majeurs : l’arbitraire, l’indépendance judiciaire, la spoliation (saisie illégale de biens personnels) et la réparation.
Cette femme d’affaires demande une indemnisation pour atteinte à la réputation et traumatisme psychologique. Malgré la gravité des faits reprochés à certains individus, Vasundhara Oswal refuse de condamner l’institution ougandaise dans son ensemble.
Elle a tenu à dissocier les agissements de ces fonctionnaires de la politique nationale menée par le président Yoweri Museveni. « Notre investissement dans PRO Industries reflète notre confiance à l’égard de l’Ouganda », a-t-elle déclaré, rappelant que le chef de l’État avait lui-même visité ses installations.
Pour cette entrepreneure, ce procès est une étape nécessaire pour assainir le climat des affaires : « Il est crucial de démontrer que ces abus sont le fait d’un nombre limité d’individus et non un échec du système lui-même. »
L’affaire est désormais entre les mains de la Haute Cour d’Ouganda pour violation des droits humains, tandis que le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a également été saisi pour examiner le dossier.
AP/APA







