Le gouvernement burkinabè a adopté un décret rendant obligatoire la construction, sur le territoire national, des sièges des grandes entreprises réalisant au moins 5 milliards FCFA de chiffre d’affaires cumulé sur les trois derniers exercices, avec des normes architecturales et techniques différenciées selon leur taille financière.
Le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a présidé jeudi le Conseil des ministres qui a examiné et adopté plusieurs dossiers, dont un décret fixant les conditions et modalités de construction des sièges des grandes entreprises au Burkina Faso.
Selon le ministre des Serviteurs du Peuple, Mathias Traoré, assurant l’intérim du porte-parole du gouvernement, cette décision s’inscrit dans la dynamique d’amélioration des conditions de vie des populations, conformément aux orientations de la Révolution progressiste populaire.
Présenté par le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, le texte impose aux entreprises dont le chiffre d’affaires atteint au moins 5 milliards FCFA sur les trois derniers exercices de construire leur siège social au Burkina Faso.
Le décret établit quatre catégories d’entreprises avec des standards de construction spécifiques. Les entreprises de catégorie A, affichant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 100 milliards FCFA, devront ériger des immeubles d’au moins R+7, intégrant un parking souterrain et un parking en surface, ainsi que des critères d’efficacité énergétique.
Celles de catégorie B (entre 50 et 100 milliards FCFA) devront construire des bâtiments d’au moins R+5 avec un parking souterrain et un en surface. Les entreprises de catégorie C (entre 10 et 50 milliards FCFA) seront tenues de réaliser des sièges d’au moins R+4 avec un parking en surface. Enfin, la catégorie D (moins de 10 milliards FCFA) devra se conformer à un minimum de R+3.
Les entreprises concernées disposent d’un délai de six mois pour soumettre leurs dossiers à une commission interministérielle chargée de l’examen et de la validation des projets. Les travaux devront être achevés dans un délai maximal de 36 mois après approbation.
Le gouvernement prévoit, en contrepartie, des mesures incitatives, notamment des exonérations sur les matériaux de construction et la possibilité d’acquérir des terrains viabilisés auprès de la Société nationale d’aménagement des terrains urbains (SONATUR).
En octobre 2025, le gouvernement burkinabè a adopté un avant-projet de loi rendant obligatoire la construction d’un siège social au Burkina Faso pour les grandes entreprises. Le ministre de l’Économie, Dr Aboubakar Nacanabo, avait souligné la nécessité pour ces sociétés de contribuer à l’urbanisation et de renforcer leur ancrage national et institutionnel.
Aussi, toujours selon l’exécutif, la mesure favorisera la mobilisation fiscale, l’emploi qualifié et l’émergence de pôles urbains, dans un contexte marqué par 828 grandes entreprises recensées et plus de 1 310 milliards FCFA de recettes fiscales.
Fin décembre 2025, les députés, réunis en séance plénière, ont adopté ce texte structurant, inscrit dans les réformes visant la souveraineté économique.
Ho/Sf/APA






