Face au ralentissement de la commercialisation intérieure, le Conseil du Café-Cacao (CCC), organe de régulation, a officiellement lancé, ce jeudi 29 janvier 2026, une opération de déchargement du cacao, l’objectif étant de libérer les stocks des producteurs et de garantir leurs revenus.
Le complexe industriel de transformation du cacao, Transcao, situé dans la zone industrielle d’Akoupé-Zeudji (PK24), a servi de cadre au lancement de l’opération stratégique de déchargement du cacao, en présence des acteurs du secteur.
Présidée par Koné Brahima Yves, le directeur général du Conseil Café-Cacao, cette opération vise notamment à protéger les planteurs dont la production de la campagne principale 2025-2026 reste encore immobilisée.
Le Conseil du Café-Cacao (CCC) coordonne l’opération en s’appuyant sur des opérateurs nationaux et le centre de stockage TRANSCAO à Akoupé-Zeudji. Cette opération vise à rétablir la fluidité du circuit commercial de cette filière stratégique.

Ce coup de pouce de l’organe de régulation répond à un double défi identifié début janvier. D’une part, un goulot d’étranglement logistique au Port autonome d’Abidjan, où le retard des navires empêche l’évacuation rapide des produits. D’autre part, un manque de liquidités dans le circuit de commercialisation qui freine les paiements.
« Chaque fois qu’il y a des difficultés, l’organe de régulation a le devoir de suppléer le système de commercialisation et de faire en sorte que le planteur soit protégé », a martelé Koné Brahima Yves, précisant que cette décision émane directement de la présidence de la République.
Pour cette opération spécifique, le Conseil du Café-Cacao se positionne comme l’acheteur exclusif. C’est le régulateur qui délivrera les connaissements permettant aux coopératives de décharger leurs produits sur le site de Transcao, a-t-il insinué.
Traoré Cheikh Moussa, le directeur général de Transcao Négoce, a déclaré que le dispositif opérationnel est prêt, tout en assurant que « nous débuterons avec une cadence de 24 à 40 camions par jour pour performer au maximum ».

Au-delà de l’urgence actuelle, le directeur général du Conseil Café-Cacao a tracé les perspectives d’avenir. Il a annoncé que pour la campagne intermédiaire à venir, ainsi que pour la campagne 2026-2027, la Carte du producteur sera l’unique sésame pour l’achat du cacao.
Cette généralisation du paiement numérique via la carte est présentée comme la seule garantie permettant d’assurer que le planteur de cacao touche effectivement le prix fixé par le gouvernement ivoirien.
Le Conseil du café-cacao a invité l’Organisation interprofessionnelle agricole (OIA) à sensibiliser massivement ses adhérents sur ce virage technologique indispensable à la défense de leurs intérêts. La Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao.
Pour faire face à la mévente du cacao, le gouvernement ivoirien a effectivement annoncé, le 20 janvier 2026, la mobilisation de plus de 280 milliards de FCFA pour racheter les stocks invendus auprès des producteurs.
AP/Sf/APA







