Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a averti que toute déportation massive de la population de Gaza aurait des répercussions régionales majeures, notamment une hausse incontrôlable de la migration irrégulière vers l’Europe et l’Occident.
Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a rejeté « catégoriquement et sans équivoque » toute tentative de déplacement des Palestiniens hors de leurs territoires, affirmant que la déportation de deux millions d’habitants de Gaza provoquerait des vagues de migration irrégulière vers l’Europe et l’Occident. « C’est un phénomène que personne ne pourra contenir », a-t-il déclaré lors d’un discours prononcé à l’Académie de police du Nouveau Caire, à l’occasion du 74ᵉ anniversaire de la Fête de la police.
Au-delà de l’hommage rendu aux forces de sécurité, le chef de l’État a élargi son propos aux enjeux régionaux, soulignant que l’Égypte a constitué ces dernières années « un rempart majeur » contre la migration irrégulière vers l’Europe, grâce à un renforcement du contrôle de ses côtes. Il a réaffirmé la nécessité d’assurer l’acheminement sans entraves de l’aide humanitaire vers le territoire palestinien, tout en rejetant toute création de milices ou d’entités parallèles aux institutions nationales.
Le président a également mis en avant l’accord de paix conclu à Charm el-Cheikh concernant Gaza, qu’il a présenté comme une preuve tangible de l’engagement du Caire en faveur de la population palestinienne. Il a insisté sur le refus de l’Égypte de toute démarche visant à fragmenter les États de la région, avertissant que les conséquences des conflits ne se limitent pas au court terme mais affectent durablement les générations futures.
Sur le plan intérieur, M. Al-Sissi a évoqué les défis liés aux technologies modernes et à l’intelligence artificielle, estimant que les menaces intellectuelles et sécuritaires qu’elles génèrent ne peuvent être traitées par la seule approche sécuritaire. Il a appelé à une mobilisation coordonnée de l’ensemble des institutions de l’État, assortie d’un effort accru de sensibilisation sociétale, notamment en direction des jeunes.
Dans ce cadre, le président a suggéré que l’Égypte s’inspire de législations adoptées dans certains pays, citant l’Australie et la Grande-Bretagne, pour encadrer, voire restreindre, l’usage du téléphone portable chez les mineurs. Il a appelé le gouvernement et le Parlement à examiner l’adoption d’un cadre juridique limitant l’utilisation du téléphone mobile jusqu’à un certain âge.
Revenant au volet sécuritaire, M. Al-Sissi a rappelé que l’Égypte a payé un lourd tribut dans la lutte contre le terrorisme entre 2011 et 2022, affirmant que le pays ne tolérera aucune atteinte à sa sécurité nationale. Il a enfin rendu hommage aux martyrs de la police et réaffirmé l’engagement de l’État à soutenir leurs familles, notamment à travers le Fonds d’honneur des martyrs.
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