La Commission gambienne des réparations a annoncé lundi 12 janvier le début des versements aux victimes de violations des droits de l’homme commises entre juillet 1994 et janvier 2017, marquant une étape importante dans le processus de justice transitionnelle du pays.
La Commission gambienne des réparations a annoncé lundi le lancement des versements aux victimes de violations des droits de l’homme commises entre juillet 1994 et janvier 2017, sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh.
Les paiements de réparations se feront par phases, et la Commission appelle la communauté et les groupes de la société civile à assister les victimes, notamment celles vivant dans des zones reculées ou à mobilité réduite. L’institution a réaffirmé son engagement à assurer des réparations transparentes, transformantes et centrées sur les victimes.
Depuis sa création en 2017, la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) a mené des enquêtes approfondies sur les violations des droits humains, collecté des témoignages de victimes et de témoins, et formulé des recommandations sur les réparations, la réconciliation nationale et les mesures de justice transitionnelle.
En novembre 2021, lors de la remise du rapport final de la TRRC au président Adama Barrow, Michèle Eken, chercheuse sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International, avait déclaré que ce rapport devait « ouvrir la voie à un engagement sans équivoque des autorités gambiennes sur le fait que la justice et des réparations seront enfin accordées aux victimes de décennies de violations des droits humains ».
Elle rappelait que pendant plus de 20 ans, des Gambiennes et des Gambiens avaient été torturés, exécutés sommairement ou détenus arbitrairement, dans un climat de disparitions forcées, violences sexuelles, attaques contre la liberté d’expression et de réunion pacifique. Selon Amnesty, le rapport permet au gouvernement « de faire toute la lumière sur cette sombre période et de garantir que les victimes reçoivent des réparations ».
La TRRC, mise sur pied en décembre 2017 et entrée en fonction en janvier 2019, avait pour mandat de dresser un bilan historique impartial des violations commises entre 1994 et 2017, de promouvoir la réconciliation, de répondre aux besoins des victimes et de prévenir la répétition de tels abus. La Commission avait également pour mission d’établir le sort des personnes disparues et de proposer des mécanismes de réparations et de prévention adaptés.
AC/Sf/APA






