Une diplomate américaine auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies a défendu la décision d’Israël de reconnaître le Somaliland, territoire sécessionniste de la Somalie, suscitant de vives critiques de la part de ses pairs.
Lundi, lors d’une session d’urgence du Conseil de sécurité, Tammy Bruce, ambassadrice des Etats-Unis auprès de l’Onu, a déclaré qu’Israël se réserve le droit d’entretenir des relations diplomatiques avec les Etats souverains de son choix et ne devrait pas être condamné pour cela.
Mme Bruce a établi un parallèle avec la reconnaissance de la Palestine comme Etat par d’autres nations, provoquant l’indignation de ses collègues qui ont dénoncé cette « comparaison absurde ».
Mme Bruce a répliqué en accusant ses collègues d’hypocrisie et de double langage dès qu’Israël est évoqué au Conseil de sécurité à New York.
« Plus tôt cette année, plusieurs pays, dont des membres de ce Conseil, ont pris la décision unilatérale de reconnaître un Etat palestinien inexistant, et pourtant aucune réunion d’urgence n’a été convoquée pour exprimer l’indignation du Conseil », a-t-elle déclaré. Elle a toutefois clairement indiqué que l’administration Trump s’oppose par principe à la reconnaissance du Somaliland, enclave non reconnue internationalement d’un peu plus de six millions d’habitants qui s’est autoproclamée État souverain indépendant en 1991.
La position actuelle de Washington reflète l’opinion personnelle du président Trump sur la question de l’indépendance du Somaliland.
Un territoire de 176 120 km² situé sur la côte sud du golfe d’Aden a été reconnu vendredi dernier par Israël, suscitant de vives condamnations de la part de l’Egypte, de l’Erythrée, de l’Union africaine, de l’Union européenne, de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), du Conseil de coopération du Golfe, de la Ligue arabe, de la Chine, de la Turquie et du Pakistan, qui ont qualifié cette décision de dangereux précédent.
Les autorités de Mogadiscio ont accusé Israël de violer délibérément le droit international en « empiétant » sur le territoire somalien.
L’ambassadeur de Somalie auprès du Conseil de sécurité de l’ONU, Abukar Osman, a qualifié la reconnaissance du Somaliland par Israël d’« acte d’agression visant à encourager la fragmentation ». Lors de la session d’urgence, certains États membres ont réaffirmé leur attachement indéfectible à l’inviolabilité territoriale de la Somalie.
Défendant son pays, le diplomate israélien Jonathan Miller a déclaré que cette initiative était perçue à tort comme hostile à la Somalie, mais qu’elle pourrait être un catalyseur pour la paix et la stabilité régionales.
Le Somaliland est considéré comme un territoire stratégique dominant le Yémen, pays instable où les rebelles houthis perturbent le trafic maritime en mer Rouge depuis plusieurs années.
Avec Hargeisa pour capitale, le Somaliland possède tous les attributs d’une nation indépendante : armée et police, monnaie, passeport, et organise régulièrement des élections démocratiques qui se déroulent pacifiquement.
Il bénéficie également de plusieurs décennies de paix, contrairement à la Somalie, en proie à une insurrection sanglante menée par le groupe militant al-Shabaab depuis 2007.
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