Le candidat indépendant Fernando Dias da Costa affirme avoir remporté les élections dès le premier tour et appelle au calme, alors que le président sortant Umaro Sissoco Embalò dénonce son arrestation par l’armée et que des tirs ont été signalés près de la CNE.
Le candidat indépendant à la présidentielle bissau-guinéenne, Fernando Dias da Costa, a de nouveau revendiqué sa victoire dès le premier tour mercredi, jour même où le président sortant Umaro Sissoco Embaló a affirmé avoir été arrêté par des éléments de l’armée, aux côtés du chef d’état-major, le général Biaguê Na Ntan, de son adjoint, le général Mamadou Touré, et du ministre de l’Intérieur Botché Candé. Au lendemain du scrutin, Dias da Costa, soutenu par Domingos Simões Pereira du PAIGC et le Parti du renouveau social (PRS), avait déjà déclaré avoir remporté le face-à-face contre Embaló.
Dans une déclaration, Dias da Costa a insisté sur la légitimité de sa victoire et le respect du processus électoral : « Le peuple de Guinée-Bissau et notre candidature, celle de Fernando Dias, candidat du peuple, ont gagné les élections dès le premier tour. Ces élections, je les ai déjà remportées. Je ne négocie pas avec les observateurs ».
Il a appelé les militaires à rester en dehors du processus électoral et exhorté la population à la patience et au calme : « Nous demandons à tous les militaires de rester distants de ce processus électoral, tel qu’il se déroule actuellement. Les militaires doivent rester en dehors de cette procédure. Il n’y aura aucune manifestation, personne ne doit semer le trouble. Restons calmes et attendons les résultats officiels. »
Mercredi matin, des tirs nourris à l’arme de guerre ont été signalés près du siège de la Commission nationale des élections (CNE), provoquant la fuite de plusieurs habitants.
La Mission d’observation électorale (MOE) de la Cédéao, dirigée par l’Ambassadeur Issufu Baba Braimah Kamara, avait pourtant décrit mardi le scrutin du 23 novembre comme calme, ordonné et transparent, mobilisant plus de 960 000 électeurs. « Les bureaux ont ouvert à l’heure, les partis étaient représentés, le matériel de vote disponible, et les forces de sécurité ont respecté les procédures », avait souligné la mission.
Le secrétaire exécutif adjoint de la CNE, Idriça Djaló, a confirmé que les opérations se sont déroulées dans le calme malgré quelques contraintes logistiques rapidement résolues et a mis en avant la forte participation des femmes et des jeunes. La CNE a rappelé que la publication des résultats avant proclamation officielle, prévue au plus tard le 27 novembre, est interdite.
Le scrutin a opposé Embaló à onze candidats, dont l’ancien président José Mário Vaz, l’ex-Premier ministre Baciro Djá, et Dias da Costa.
Alors que la Cédéao salue un processus électoral maîtrisé, les déclarations de Dias da Costa, l’arrestation présumée d’Embaló et de hauts responsables militaires, ainsi que les tirs près de la CNE, accentuent les inquiétudes sur la stabilité immédiate du pays.
AC/Sf/APA







