L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a signalé une forte augmentation des mouvements de migrants le long de la périlleuse route de l’Est reliant la Corne de l’Afrique à la péninsule arabique.
Dans un rapport publié mardi, l’OIM indique que, malgré une hausse des
décès et des disparitions, les mouvements de migrants ont fortement augmenté au premier semestre 2025.
Selon le rapport, entre janvier et juin 2025, les mouvements de sortie
ont augmenté d’un tiers (+ 34%), atteignant 238 000, contre 178.300
sur la même période en 2024.
Au moins 348 migrants ont été déclarés morts ou disparus au cours de la même période, contre 310 en 2024. Le deuxième trimestre à lui seul a enregistré 78 décès et disparitions, la plupart survenus dans le désert d’Obock, à Djibouti, où la chaleur extrême et les débarquements forcés en mer ont fait de nombreuses victimes. Parmi les autres incidents, on compte des noyades, des fusillades perpétrées par des passeurs au Yémen et des vols dans le nord de la Somalie.
Les agences humanitaires avertissent que l’augmentation des mouvements, malgré les risques croissants, souligne la situation désastreuse dans leur pays d’origine et les options limitées qui s’offrent aux migrants. Avec m l’augmentation des retours forcés depuis l’Arabie saoudite, les migrants sont renvoyés vers les régions d’Amhara, du Tigré et d’Oromia, touchées par le conflit, aggravant ainsi la situation humanitaire déjà fragile.
Le rapport souligne que les femmes et les filles restent particulièrement exposées, leur nombre augmentant fortement ; le transit des femmes par Djibouti a plus que doublé par rapport à
l’année dernière.
Rien qu’au premier semestre 2025, 55 700 Ethiopiens ont été renvoyés de force depuis l’Arabie saoudite, la majorité vers l’Amhara, le Tigré et l’Oromia. Les acteurs humanitaires mettent en garde contre le fait que les migrants restent coincés entre des voyages dangereux à l’étranger et des conditions précaires dans leur pays d’origine.
Bien que les mouvements aient légèrement diminué au deuxième trimestre en raison du ramadan, de l’intensification des opérations de maintien de l’ordre et des conditions météorologiques difficiles, l’OIM prévient que le rythme des migrations devrait dépasser celui de l’année dernière si la tendance se poursuit.
MG/abj/fss/Sf/APA







