La cheffe du gouvernement tunisien, Sara Zafrani Zenzri, a réaffirmé mercredi 27 août la nécessité pour son pays de s’appuyer sur ses propres ressources et de résister aux pressions extérieures, en recevant le rapport annuel 2024 de la Banque centrale de Tunisie (BCT) des mains de son gouverneur, Fathi Zouhair Nouri.
La remise du rapport 2024, tenue au Palais du gouvernement à la Kasbah, a mis en avant le rôle stratégique de la Banque centrale de Tunisie (BCT) dans la conduite des politiques économiques et monétaires. Zenzri a salué l’institution comme un « pilier essentiel de l’État », chargé de traduire en actes les choix découlant de la volonté populaire, conformément aux orientations de la présidence de Kaïs Saïed. Elle a souligné que l’indépendance économique passait par une gestion nationale des équilibres financiers, loin des diktats des bailleurs de fonds étrangers.
De son côté, Fathi Zouhair Nouri a insisté sur l’importance de la concertation entre l’exécutif et la Banque centrale afin de servir au mieux l’intérêt national. Le gouverneur a mis en avant des progrès en matière de stabilité macroéconomique : amélioration du taux de croissance, ralentissement de l’inflation, préservation des réserves de devises et maintien de la valeur du dinar.
En matière de politique monétaire, il a rappelé la décision de réduire le taux directeur de 50 points de base en mars 2025, estimant que la trajectoire descendante de l’inflation justifiait cet assouplissement. Cette mesure vise à stimuler l’investissement et la consommation, tout en maintenant une surveillance étroite de l’évolution des prix.
Sara Zafrani Zenzri a salué ces résultats, tout en appelant à intensifier les efforts pour concilier croissance économique et justice sociale. Selon elle, la Tunisie doit consolider les fondements de l’État social et éviter que la stabilité monétaire ne se fasse au détriment des plus fragiles.
Cette remise de rapport annuel intervient dans un contexte où Tunis tente de renforcer son autonomie économique, alors que les négociations avec le FMI restent incertaines. Le gouvernement met en avant une stratégie de résilience nationale, centrée sur la maîtrise de l’inflation et la préservation de la souveraineté monétaire, comme gage d’indépendance et de stabilité politique.
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