Les déclarations de Thomas Barrack, envoyé spécial américain au Liban, qualifiant le comportement des journalistes de « chaotique, presque animal » ont déclenché une vague de condamnations.
Le Syndicat des journalistes égyptiens réclame des excuses publiques, après les déclarations jugées offensantes de l’envoyé spécial américain, tandis que plusieurs organisations libanaises menacent de boycotter l’émissaire.
Mercredi 27 août, le président du Syndicat des journalistes égyptiens, Khaled El-Balshy, a dénoncé des propos « inacceptables et offensants » qui « dépassent toutes les normes diplomatiques et de courtoisie professionnelle ». Dans un communiqué, le syndicat a condamné « l’arrogance et la grossièreté » de Thomas Barrack, estimant que ses paroles constituent « une atteinte directe à l’ensemble de la communauté médiatique ».
Le diplomate américain avait tenu ces propos la veille à Beyrouth, lors d’un point de presse houleux au palais présidentiel. Irrité par les questions posées simultanément, il avait interpellé les journalistes : « Dès que la situation devient chaotique, presque animale, on quitte la salle. (…) Si vous voulez savoir ce qu’il se passe, comportez-vous de manière civilisée, aimable et tolérante. »
La réaction a été immédiate. En Égypte, le syndicat a exigé des excuses officielles, appelant les unions arabes de journalistes à boycotter l’émissaire américain tant qu’il n’adoptera pas un « dialogue respectueux ». Khaled El-Balshy a également exhorté Washington à assumer la responsabilité du comportement de son représentant, reliant cette attitude au « silence américain » sur la mort de plus de 246 journalistes palestiniens depuis le début de la guerre à Gaza.
Au Liban, les critiques se sont multipliées. La présidence a publié un message sur X exprimant ses « regrets » pour des propos tenus par « inadvertance » par l’un de ses invités, réaffirmant son « respect absolu de la dignité humaine ». Le ministre de l’Information, Paul Morcos, a lui aussi regretté ces déclarations, rappelant son attachement au rôle de la presse.
Les syndicats libanais de journalistes et de photographes ont dénoncé une « insulte directe » et un « précédent dangereux ». L’Union des journalistes du Liban a jugé ces propos révélateurs d’« une arrogance inacceptable et d’un mépris implicite » pour la mission journalistique.
Enfin, Ibrahim Moussaoui, président de la commission parlementaire de l’information, a exhorté les autorités à convoquer l’ambassadrice américaine pour protester officiellement contre ce qu’il considère comme « une insulte caractérisée infligée au Liban et aux Libanais ».
MK/Sf/APA






