Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a exprimé de vives inquiétudes face à la détérioration simultanée de la situation sanitaire et alimentaire au Soudan, en proie à une guerre civile depuis plus de deux ans, a appris mercredi APA.
Au Soudan, pays d’Afrique de l’Est, des millions de personnes déplacées subissent une insécurité alimentaire aiguë et une épidémie de choléra en expansion. Dans l’Etat du Darfour du Nord, particulièrement touché, la localité de Tawila a enregistré depuis juin plus de 1 500 cas suspects et confirmés de choléra, dont 500 malades actuellement sous traitement. Les autorités locales ont instauré des mesures d’urgence, telles que la fermeture des marchés et l’interdiction des rassemblements publics, pour contenir l’épidémie.
Selon le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU, Farhan Haq, « près de 60 % des familles déplacées ne disposent toujours pas d’un abri adéquat » malgré l’aide humanitaire apportée par l’ONU et ses partenaires. Dans le camp d’Abu Shouk, à El Fasher, capitale du Darfour du Nord, des cas de famine ont déjà causé quatre décès la semaine dernière.
Le déficit prolongé en céréales, les mauvaises récoltes et la baisse de l’offre alimentaire font grimper les prix des denrées à des niveaux records. En mai, le coût moyen du panier alimentaire local à El Fasher était plus de six fois supérieur à la moyenne nationale.
L’OCHA estime avoir besoin de 120 millions de dollars pour intensifier son aide humanitaire à Tawila au cours des trois prochains mois. Cette enveloppe est jugée essentielle pour contenir l’épidémie et maintenir les services de base.
Parallèlement, à Port-Soudan, principal point d’entrée du personnel et des fournitures humanitaires, les températures extrêmes et les coupures prolongées d’électricité provoquent une hausse des cas de coups de chaleur, avec un décès signalé ces deux derniers jours.
Le système de classification intégrée de la sécurité alimentaire (IPC) a identifié des conditions de famine dans plusieurs zones du Darfour du Nord et de l’est des montagnes Nuba, avertissant que la situation devrait encore s’aggraver durant la saison maigre, de juillet à octobre, dans les zones de conflit où l’accès humanitaire demeure limité.
ODL/ac/Sf/APA






