Depuis son lancement en 2015, le Projet d’appui institutionnel pour la durabilité des services urbains d’alimentation en eau et d’assainissement en Angola, financé par la Banque africaine de développement (BAD), a significativement amélioré l’accès à l’eau potable pour des centaines de milliers de personnes.
Selon un communiqué de la BAD reçu mardi par APA, sept entreprises publiques d’eau soutenues par le programme soutenu par la BAD en Angola ont réalisé plus de 59 000 branchements, permettant à 472 000 personnes d’accéder à l’eau potable. En complément, 179 kiosques à eau, majoritairement gérés par des femmes, ont été installés dans les quartiers périphériques, renforçant l’accès à l’eau dans les zones les plus vulnérables.
« Avant, nous devions marcher jusqu’à la rivière pour chercher de l’eau. Aujourd’hui, l’eau est à portée de main, et le choléra a presque disparu », témoigne Clementina Artur, une bénéficiaire du projet.
Au total, 11 villes côtières ont élaboré des plans d’investissement en matière d’assainissement. Trois d’entre elles sont déjà passées à la mise en œuvre, et cinq autres ont obtenu un financement. Le projet, prévu jusqu’en décembre 2025, a aussi permis la création de trois laboratoires de contrôle de qualité de l’eau dans les provinces de Cunene, Bengo et Sumbe.
« Ce projet est transformateur. Il a élargi l’accès à l’eau potable tout en renforçant la qualité des services publics, bénéficiant indirectement à près de 1,5 million de personnes », souligne Eskendir Alemseged, chef du projet à la BAD.
Retombées sociales
Au-delà de l’eau, l’initiative a eu des effets positifs sur l’hygiène et la dignité. À Sumbe, 301 latrines communautaires ont été construites avec la participation active des habitants, réduisant la défécation à l’air libre et les maladies hydriques.
« Avant, je devais aller dans la brousse. Aujourd’hui, j’ai des toilettes à la maison, c’est un vrai soulagement », raconte Isabel Sambovana, une habitante de Sumbe.
Une attention particulière a été portée à l’inclusion sociale et au genre, avec l’élaboration d’une stratégie dédiée. Un programme de stages techniques a également été mis en place, formant 60 jeunes en ingénierie, gestion environnementale et pilotage de projets.
Parmi les bénéficiaires, Helena Maindo, aujourd’hui responsable du département de microbiologie de la société publique d’eau de Kwanza Sul, témoigne :
« J’ai commencé comme stagiaire. Aujourd’hui, je dirige un laboratoire qui effectue des analyses pour plusieurs communes. Ce projet a changé ma vie. »
Autre exemple d’autonomisation féminine : Gilda Giza Rede, 20 ans, est la seule technicienne en électromécanique de la station d’épuration de Sumbe. Elle participe activement à la prévention des maladies et à la valorisation des déchets.
Le projet a également permis la légalisation de sept entreprises publiques du secteur de l’eau, dotées désormais de systèmes de gestion financière fiables et ouvertes aux partenariats avec le privé pour l’exploitation et la maintenance. Des plans directeurs provinciaux ont été élaborés pour améliorer la planification urbaine en matière d’eau et d’assainissement.
« L’eau, c’est la vie. Et pour la BAD, cette conviction guide notre engagement à améliorer les conditions de vie du peuple angolais », conclut l’institution.
ODL/te/Sf/APA







