L’ancien Premier ministre malien a été empêché lundi de quitter le pays pour participer à une conférence au Sénégal, sur fond de procédure judiciaire ouverte après ses visites à des détenus et un tweet de soutien jugé controversé.
L’ancien Premier ministre malien Moussa Mara a été empêché lundi de quitter Bamako, alors qu’il devait se rendre au Sénégal pour participer à une conférence internationale sur la paix au Sahel, ont rapporté ses avocats.
Mara devait prononcer le discours inaugural du 6ᵉ Dialogue sur la paix et la sécurité régionales dans le Sahel et le Sahara, organisé les 22 et 23 juillet à Saly par la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung, en présence de responsables politiques, d’experts et de représentants de la société civile.
À l’aéroport international Modibo Keïta, où il s’était présenté pour embarquer sur le vol Ethiopian Airlines ET 908 à destination de Dakar, deux policiers lui ont signifié qu’il ne pouvait pas quitter le territoire. Aucun document écrit ne lui a été remis, et il a dû rentrer chez lui.
Selon des sources judiciaires, cette mesure intervient dans le cadre d’une procédure ouverte après un tweet publié par Mara le 4 juillet. Dans ce message, il relatait plusieurs visites effectuées auprès de détenus à Bamako, Dioïla et Koulikoro, dont Mohamed Youssouf Bathily, dit « Ras Bath », Boubacar Sissoko, dit « Ben le cerveau », l’imam Sidibé, Rose « la vie chère », le professeur Clément Dembélé, Issa Kaou Djim, et d’autres. Il affirmait leur manifester « solidarité » et promettait de continuer à « se battre par tous les moyens » pour leur cause.
La justice cherche à déterminer si ces visites ont été effectuées sans autorisation et si les propos publiés enfreignent la réglementation. Le 15 juillet, Mara avait été entendu à la Brigade d’investigation judiciaire puis présenté au procureur, qui n’avait retenu aucune charge à ce stade, tout en maintenant la procédure ouverte.
Dans un communiqué diffusé lundi soir, ses avocats ont dénoncé une « violation grave des droits fondamentaux » et exigé la levée immédiate de toute restriction de circulation. Ils ont rappelé que la liberté de mouvement est protégée par la Constitution malienne et plusieurs instruments juridiques internationaux.
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