La Côte d’Ivoire s’impose aujourd’hui comme l’une des locomotives de la bonne gouvernance économique en Afrique. Portée par des réformes ambitieuses et une gestion rigoureuse de ses finances publiques, l’administration ivoirienne voit ses efforts salués par la Banque mondiale, le FMI et les analystes financiers, qui la présentent comme un modèle à suivre sur le continent.
La BM et le FMI saluent la « bonne gouvernance » ivoirienne. Les réformes structurelles engagées en Côte d’Ivoire depuis 2011 portent aujourd’hui leurs fruits. Diversification de l’économie, assainissement budgétaire, modernisation des infrastructures : autant de chantiers qui placent le pays parmi les rares sur le continent à avoir réduit durablement son déficit public conformément aux critères de l’UEMOA.
« L’assainissement budgétaire est en bonne voie pour réduire les déficits à 3 % du PIB en 2025 », confirme Olaf Unteroberdoester, chef de mission du FMI. Les chiffres parlant d’eux-mêmes et les performances économiques du pays suscitent la confiance des institutions internationales.
Aussi, la Côte d’Ivoire s’impose désormais comme un laboratoire d’innovation financière, et notamment du principe d’échange « dette contre développement », un dispositif lancé fin 2024 avec l’appui de la Banque mondiale. Ce dernier a permis au pays de remplacer une partie de sa dette commerciale à court terme et à taux élevé par un prêt à échéance plus longue et à taux avantageux. Grâce à cette opération, la Côte d’Ivoire économise 60 millions d’euros en valeur actuelle nette et libère 330 millions d’euros de ressources budgétaires sur cinq ans, qu’elle s’est engagée à consacrer en grande partie à la construction d’infrastructures scolaires, notamment dans les zones rurales défavorisées.
Un modèle de gestion qui, selon la Banque mondiale, pourrait inspirer d’autres pays émergents confrontés à la lourdeur du service de la dette et à la nécessité de poursuivre les investissements publics.
Si l’initiative a été saluée pour sa transparence et son efficacité, ses effets restent malgré tout limités à l’échelle du budget national. Les économies réalisées ne représentent qu’une fraction du PIB et du budget alloué à l’éducation, alors que les besoins demeurent considérables. L’expérience ivoirienne démontre toutefois qu’il est possible de concilier rigueur budgétaire et investissements sociaux, à condition de disposer d’institutions solides et d’un cadre de gouvernance fiable.
« Cette approche innovante a un fort potentiel de réplicabilité dans d’autres pays » s’enthousiasme Anna Bjerde, directrice générale des opérations de la Banque mondiale. L’exemple ivoirien pourrait en effet ouvrir la voie à une nouvelle génération de mécanismes de financement du développement, alors que l’aide internationale se fait plus rare et que la dette des pays en développement continue d’atteindre des niveaux records.
L’attractivité du climat des affaires se maintient
« En 2024, le taux de croissance s’est élevé à 6,1%, porté par le dynamisme des secteurs stratégiques, soutenu par les réformes et investissements des Plans Nationaux de Développement (PND), et devrait atteindre 6,3% en 2025 », souligne le rapport de Bloomfield Intelligence « Risque pays Côte d’Ivoire – 2025 » publié en avril dernier. Les analystes mettent en avant la « robustesse » de la croissance ivoirienne, qui s’est maintenue à un niveau élevé malgré les chocs extérieurs. Les prévisions officielles tablent quant à elles sur une expansion du PIB de 6,7% en 2025, soutenue par la diversification de l’économie, la découverte de nouveaux gisements de pétrole et d’or, et la poursuite des réformes structurelles. Cette dynamique s’inscrit dans la continuité d’une décennie de croissance soutenue, qui positionne la Côte d’Ivoire parmi les économies africaines les plus dynamiques.
Malgré un léger repli de sa note de risque pays, la Côte d’Ivoire demeure un phare économique pour les investisseurs en Afrique subsaharienne. Selon Bloomfield Intelligence, la note globale du pays est passée de 6,5 à 6,3 sur 10, mais elle reste confortablement installée dans la catégorie des risques faibles, ce qui en fait une des destinations d’affaires les plus attractives du continent. Cette stabilité s’appuie notamment sur un endettement modéré et une performance macroéconomique jugée « très solide », affichant une note de 8,1 sur cet indicateur, tandis que le climat des affaires affiche une stabilité rassurante.
Néanmoins, le rapport déplore un décalage persistant entre la vigueur des indicateurs économiques et l’impact social réel. L’espérance de vie, par exemple, reste inférieure à la moyenne mondiale, soulignant que la performance macroéconomique ne se traduit pas encore pleinement en amélioration tangible du bien-être de la population. Ce constat invite à poursuivre les efforts pour que la croissance profite davantage à l’ensemble des Ivoiriens. Un objectif qui ne peut être atteint qu’en faisant fructifier l’héritage économique des réformes engagées par l’administration Ouattara depuis près de quinze ans et qui apparaît d’autant plus prioritaire que les Ivoiriens seront bientôt convoqués aux urnes pour l’élection présidentielle d’octobre 2025.
CP/te/Sf/APA







