L’établissement hôtelier chinois, Soluxe International, inauguré en 2013 comme symbole de la coopération sino-nigérienne, vient de se voir retirer définitivement sa licence d’exploitation pour pratiques discriminatoires et violations administratives.
Dans un arrêté signé le 6 mars, la ministre nigérienne de l’Artisanat et du Tourisme, Soufiane Aghatchata Guichene, a ordonné le retrait définitif de la licence d’exploitation du Soluxe International Hotel de Niamey, un établissement de prestige construit par des investisseurs chinois pour un montant de 25 milliards de FCFA.
Des infractions graves justifiant la fermeture administrative
« L’autorisation d’exploitation de l’établissement de tourisme dénommé Soluxe International Hotel Niamey accordée à la société privée Soluxe International SARL est définitivement retirée », stipule l’arrêté ministériel parvenu à APA.
Les motifs invoqués par les autorités nigériennes pour justifier cette mesure drastique sont particulièrement sévères, à savoir « pratique discriminatoire et interdiction abusive d’accès à d’autres nationalités, travaux d’extension sans aviser le ministère en charge du Tourisme et déclaration erronée des données sur les unités de la Taxe du Fonds de développement du tourisme (FDT) ».
Cette décision intervient dans un contexte où, paradoxalement, le Niger renforce certains partenariats avec la Chine, comme en témoigne l’accord-cadre signé en janvier 2025 entre le ministère nigérien de la Défense nationale et le projet pétrolier WAPCO pour la sécurisation des opérations pétrolières.
Un projet ambitieux qui s’achève brutalement
Le retrait de licence met un terme à l’activité d’un établissement qui avait été lancé en grande pompe en août 2013, lorsque Mohamed Bazoum, alors Ministre d’État devenu huit ans plus président de la République avant d’être destitué deux ans après par le CNSP dirigé par le général Abdourahamane Tiani, avait posé la première pierre de ce projet présenté comme emblématique de la coopération sino-nigérienne.
Construit sur une superficie de huit hectares au quartier Gamkallé, l’hôtel disposait de 224 chambres et suites, d’un restaurant gastronomique de 260 places, de salles polyvalentes, d’une piscine et de diverses installations récréatives. Le projet devait créer 295 emplois directs et permanents.
« Une fois mis en service, cet hôtel moderne aux normes internationales sera le plus grand et le mieux équipé du genre au Niger », avait déclaré à l’époque l’ambassadeur de Chine au Niger, Shi Hu.
Des conséquences à surveiller pour les relations sino-nigériennes
Cette fermeture administrative pourrait avoir des implications sur les relations entre le Niger et la Chine, dans un pays où les autorités issues du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) réévaluent certains partenariats internationaux.
AC/Sf/APA





