Le ministère tunisien du Transport a annoncé l’abandon définitif du projet de construction d’un nouvel aéroport pour la capitale, privilégiant un vaste programme d’extension et de modernisation de l’actuel aéroport international Tunis-Carthage. Selon une réponse écrite adressée au député Helmi Bousma, le projet figure dans le budget d’investissement 2026 de l’Office de l’Aviation Civile et des Aéroports (OACA). L’objectif affiché est d’augmenter la capacité annuelle de l’infrastructure, aujourd’hui d’environ 5 millions de passagers, pour atteindre 18,5 millions à l’horizon 2031, avec une exploitation prévue au-delà de 2050.
Le programme prévoit notamment la construction d’une nouvelle aérogare capable d’accueillir 11 millions de passagers par an, ainsi que la rénovation et l’extension partielle du terminal existant pour porter sa capacité à 7 millions de passagers. À cela s’ajoutent plusieurs infrastructures techniques : un nouveau bâtiment opérationnel, une tour de contrôle modernisée, des équipements de sécurité renforcés et une unité de protection contre les incendies. Le projet inclut également la création de nouvelles salles d’honneur, des installations pour les services de police et une petite aérogare destinée aux personnalités officielles.
Les travaux devraient aussi concerner les infrastructures énergétiques et logistiques de l’aéroport. Le plan prévoit l’installation d’une nouvelle centrale électrique, une station de pompage et de stockage d’eau, ainsi que la réorganisation des aires de stationnement des avions. Les autorités évoquent également la rénovation du pont routier adjacent à l’aérogare et une meilleure intégration des infrastructures de transport urbain autour de l’aéroport.
Pour le gouvernement, ce projet doit permettre d’accompagner la croissance attendue du trafic aérien tout en évitant les coûts considérables liés à la construction d’une nouvelle plateforme aéroportuaire. Mais ce choix suscite aussi des interrogations dans un contexte économique particulièrement contraint. Avec un coût estimé à près de 3 milliards de dinars tunisiens — soit environ 900 millions d’euros — l’extension de Tunis-Carthage représente l’un des investissements publics les plus lourds envisagés dans le secteur des transports ces dernières années.
Parallèlement, le ministère du Transport indique étudier la possibilité de récupérer l’aéroport d’Enfidha-Hammamet après 2047, actuellement exploité dans le cadre d’une concession. Les autorités envisagent alors de relier cette infrastructure à Tunis-Carthage via une ligne ferroviaire à grande vitesse, afin de renforcer les capacités globales du système aéroportuaire tunisien.
MK/AK/Sf/APA





