Le gouvernement ivoirien passe à la vitesse supérieure dans sa stratégie de numérisation de l’économie. Soumahoro Dely, conseiller technique et représentant du ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, a officiellement ouvert ce mardi 6 octobre 2026 les travaux de l’atelier de lancement du projet d’accompagnement du secteur des fintechs en Côte d’Ivoire.
Co-financé par la Banque africaine de développement (BAD) et l’État de Côte d’Ivoire à travers le Programme d’appui à l’amélioration du climat des affaires (PACA-CI), ce projet vise à transformer un secteur en pleine ébullition mais encore confronté à d’importants défis structurels.
Le représentant du ministre a rappelé que le numérique s’est imposé comme une infrastructure vitale de l’économie moderne, redéfinissant l’épargne, le paiement et l’accès au financement. Grâce aux technologies mobiles et à l’intelligence artificielle, les fintechs brisent les barrières géographiques au profit des populations rurales.
Selon les données de la BCEAO, le nombre de points de services de monnaie électronique pour 1 000 km² est passé de 574 en 2019 à 1 325 en 2024. En outre, le taux d’utilisation des services de la monnaie électronique a connu une progression notable passant de 61,0% en 2019 à 84,2% en 2024, a-t-il rappelé.
« Quant au strict taux de bancarisation, il est passé de 19,1% en 2019 à 33,6% en 2024. Au sens élargi, c’est-à-dire en intégrant les comptes détenus auprès des institutions de microfinance, il se situe à 46,2% en 2024, contre 30,8% en 2019 », a fait savoir Soumahoro Dely.

Le taux d’inclusion financière, en définitive, est passé « de 41% en 2017, année de référence, à 58% en 2024, selon les données du Global Findex de la Banque mondiale », a-t-il poursuivi.
Il a relevé que les solutions du secteur des fintechs, encore largement limitées aux services de paiement et de transfert d’argent, doivent impérativement se diversifier pour répondre aux besoins financiers non couverts des populations.
Malgré ces excellents indicateurs, les solutions locales restent encore trop concentrées sur le transfert d’argent et le paiement. L’enjeu est désormais de diversifier l’offre. Patrice Brou, directeur par intérim de l’Agence de Promotion de l’Inclusion Financière de Côte d’Ivoire (APIF-CI), a indiqué que cette initiative vise à développer l’écosystème des fintechs en vue de renforcer l’inclusion financière.
Pour y parvenir, le directeur par intérim de l’Agence de promotion de l’inclusion financière (APIF) a souligné la nécessité de lever certains freins majeurs : les difficultés d’accès au financement, le manque de capacités techniques et la mise en conformité réglementaire de l’écosystème.
Il a mentionné, dans son allocution, qu’une attention particulière sera accordée aux start-ups de l’écosystème des fintechs. Par la suite, il est prévu la mise à jour du répertoire des fintechs en Côte d’Ivoire, ainsi qu’un accompagnement dans la structuration de ces entités.

Ce projet, dira-t-il, s’inscrira dans le prolongement des actions engagées par l’APIF-CI pour favoriser l’émergence d’un écosystème fintech compétitif, capable de répondre aux besoins croissants des populations et des entreprises en matière de services financiers.
Le coordonnateur du PACA-CI, Komenan N’Da Mougo, a renchéri en rappelant qu’une économie ne peut pleinement réussir sa mutation si une partie de ses acteurs reste en marge des circuits financiers officiels.
Selon Moussa Doumbia, directeur général du Bureau d’Études de Développements Électroniques et Technologiques (BEDET), la constitution d’une base de données exhaustive des fintechs servira de fondation pour élaborer une feuille de route nationale visant à les rendre plus compétitives, mieux structurées et innovantes.
L’atelier de lancement a réuni un large panel d’acteurs de premier plan : la direction de l’Innovation du ministère de la Transition numérique, la BCEAO, ainsi que les représentants des banques, des émetteurs de monnaie électronique et des entrepreneurs du secteur.
A terme, toutes les Petites et moyennes entreprises (PME) et start-ups de l’inclusion financière sont invitées à se faire recenser pour bénéficier des futurs programmes de renforcement des compétences techniques et managériales.
AP/APA





