Les gouverneurs des banques centrales africaines ont souligné la nécessité pour l’Afrique d’adopter massivement l’Intelligence artificielle (IA) et de renforcer l’innovation financière afin d’accélérer la transformation économique, stimuler la productivité et consolider la souveraineté industrielle.
Intervenant lors du panel des gouverneurs de Banques centrales, mardi à Casablanca, à l’occasion du 5ème Africa Financial Summit (AFIS), André Wameso, gouverneur de la Banque centrale du Congo, a affirmé que l’adoption de l’IA permettrait de lever les barrières structurelles qui freinent l’industrialisation du continent.
« L’Afrique n’a pas d’autres choix. Elle doit adopter massivement l’intelligence artificielle et s’approprier ses propres données pour créer un marché connecté et prospère », a dit M. Wameso, relevant que la jeunesse africaine dispose déjà des fondements scientifiques nécessaires (mathématiques de fractales, technologies du codage, etc.) pour réussir cette transition.
Il a ajouté que l’IA représente une opportunité stratégique pour renforcer la productivité dans des secteurs clés tels que l’agriculture, la gestion des stocks et les services financiers, relevant l’urgence pour l’Afrique de transformer sur place ses ressources naturelles afin d’en tirer une véritable valeur ajoutée.
De son côté, Jean-Claude Kassi Brou, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), s’est dit pour la poursuite des efforts déployés par les banques africaines afin de mobiliser les ressources locales et financer la croissance. Ces banques sont appelées à être plus créatives et à ne pas se limiter à l’épargne publique, a-t-il dit, mettant l’accent sur la nécessité de rester attentif aux effets de second tour de l’inflation internationale dans l’actuel contexte.
Michael Atingi-Ego, gouverneur de la Banque centrale d’Ouganda, a quant à lui mis en avant le rôle de l’innovation financière et des fintechs dans l’inclusion économique et le soutien aux petites et moyennes entreprises (PME).
Il a évoqué la mise en place d’algorithmes de gestion du risque dans le crédit agricole et l’importance des fonds de garantie pour stimuler l’accès au financement vert et la croissance durable.
La 5ᵉ édition de l’Africa Financial Summit (AFIS), tenu du 3 au 4 novembre à Casablanca sous le thème « Notre capital, notre puissance : libérons la souveraineté financière de l’Afrique » est organisée à l’initiative de Jeune Afrique Media Group, en partenariat avec l’International Finance Corporation (IFC) et avec le soutien des grandes institutions financières du Maroc et d’autres pays africains.
AK/ac/Sf/APA





