Le président tunisien Kaïs Saïed a demandé un point d’étape sur l’application de la loi consacrée au recrutement des diplômés chômeurs, alors que la question de l’emploi public reste au cœur des tensions sociales du pays.
Le président de la République tunisiene, Kaïs Saïed, a reçu lundi 5 octobre à Carthage la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et le ministre de l’Emploi, Riadh Chaoual, pour examiner l’état d’avancement de la loi n°18 de 2025 relative au recrutement des diplômés chômeurs dans le secteur public et la fonction publique. Cette réunion intervient alors que les autorités tunisiennes doivent concrétiser un dispositif destiné notamment aux diplômés de l’enseignement supérieur confrontés à une période prolongée de chômage.
Le chef de l’État a attribué une partie des difficultés actuelles de l’emploi public à des pratiques qu’il présente comme anciennes, citant notamment le recrutement de personnes ne disposant pas des qualifications requises, l’usage de faux diplômes et l’intervention de considérations politiques dans les procédures d’embauche. Selon la présidence, ces pratiques auraient contribué à une mauvaise utilisation des ressources publiques et écarté des candidats qualifiés de l’accès à l’emploi.
Le dossier révèle surtout la difficulté persistante de la Tunisie à absorber une partie importante de ses diplômés dans le marché du travail. La fonction publique demeure ainsi un débouché particulièrement convoité, alors que les capacités de recrutement de l’État sont limitées par la situation des finances publiques. La mise en œuvre de la loi de 2025 devra donc concilier l’engagement politique en faveur des diplômés chômeurs avec les impératifs de maîtrise de la masse salariale et de soutenabilité budgétaire.
Kaïs Saïed a également appelé les responsables publics à privilégier «le travail, la sincérité et la loyauté» et à éviter ce qu’il qualifie de «fausses polémiques». Le président tunisien a réaffirmé son engagement à concrétiser les promesses faites aux catégories sociales concernées, notamment les diplômés de l’enseignement supérieur au chômage depuis de longues années. Le discours présidentiel entend ainsi maintenir le dossier de l’emploi au rang des priorités sociales du pouvoir.
Reste désormais la question de l’exécution concrète de la loi. La réussite du dispositif dépendra de la capacité du gouvernement à établir des critères transparents, à identifier précisément les bénéficiaires et à programmer les recrutements selon les besoins réels de l’administration. Pour Tunis, le défi consiste à répondre à une revendication sociale ancienne sans reproduire les pratiques de recrutement dénoncées par le président lui-même, alors que l’État dispose de marges budgétaires limitées.
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