Plusieurs personnes en majorité des journalistes ont manifesté jeudi 20 novembre à Tunis pour dénoncer des attaques du pouvoir contre la liberté de la presse dans le pays .
Des manifestations ont lieu à Tunis pour fustiger l’emprisonnement de plusieurs journalistes et la suspension récente de deux médias, Nawaat et Inkyfada, emblématiques de la transition démocratique. Les participants ont scandé des slogans appelant à la liberté de la presse tunisienne, à l’arrêt des poursuites à l’encontre des journalistes en raison de leur travail ainsi qu’à l’annulation du décret-loi 54 et à l’adoption des statuts des institutions des médias publics.
« La situation du journalisme en Tunisie est la pire qu’on ait connue depuis 2011 », a déclaré à l’AFP Mahdi Jlassi, ancien président du Syndicat national des journalistes (SNJT) qui a appelé à ce mouvement.
« On assiste à une répression sans précédent de la liberté de la presse et d’expression. Des journalistes innocents sont privés de leurs droits et punis pour avoir fait leur travail » dans « des procès injustes », ajoute-t-il.
« L’injustice se répand dans le pays et c’est notre devoir de journalistes de mettre cela en lumière sans crainte », a souligné, pour sa part, Zied Dabbar, président du SNJT.
Des ONG tunisiennes et étrangères ont déploré une régression des droits et libertés depuis le coup de force du président Kaïs Saïed en juillet 2021 par lequel il s’est emparé des pleins pouvoirs. Des dizaines d’opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d’un décret présidentiel devant officiellement lutter contre « les fausses informations » . Cette loi est « comme une épée de Damoclès sur la nuque des journalistes », fait noter M. Jlassi.
Les manifestants dénoncent le fait que certains journalistes sont privés de leurs cartes professionnelles et l’arrêt depuis l’été de l’octroi d’autorisations de tournage mensuelles aux correspondants de médias étrangers. Ils soulignent que la plupart des journalistes locaux et étrangers se sont vus refuser l’entrée dans les tribunaux pour couvrir des procès contre des politiciens ou figures des médias.
Le Syndicat national des journalistes demande le respect du droit d’accès des journalistes aux tribunaux, la libération des journalistes détenus pour leur travail, leurs prises de position et leurs opinions, l’arrêt des poursuites et des procès en dehors du cadre du décret 115, et la levée immédiate de la suspension des sites d’information « Nawaat » et « Inkyfada ».
En 2025, la Tunisie a chuté de 11 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, passant de la 118e à la 129e place sur 180 pays.
AK/Sf/APA





