L’ancienne présidente de l’Instance Vérité et Dignité (IVD) tunisienne, Sihem Bensedrine, a été condamnée pour corruption à 25 ans de prison ferme, a rapporté Amnesty International, qui affirme avoir été empêchée d’assister à son procès malgré son caractère public.
Selon l’ONG IVD créée par Sihem Bensedrine, des représentants de sa section belge francophone se sont vu refuser à plusieurs reprises l’accès à l’audience au terme de laquelle cette dernière a été condamnée à 25 ans d’emprisonnement. Les autorités présentes invoquant successivement un ordre de mission jugé non conforme, puis l’absence de coordination avec le ministère de la Justice.
Amnesty International rappelle que le droit d’assister à une audience publique est garanti par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par la Tunisie.
Mme Bensedrine, figure de la justice transitionnelle tunisienne après la chute de Ben Ali en 2011, était jugée pour des accusations de falsification du rapport final de l’IVD, remis en 2019 après un mandat consacré au recensement des violations des droits humains commises entre 1953 et 2011. Elle avait déjà été détenue pendant six mois en 2024-2025 avant sa libération.
L’ONG dénonce des poursuites qu’elle juge liées à un climat de répression croissante contre des défenseurs des droits humains, des journalistes et des opposants en Tunisie, dans un contexte de renforcement des pouvoirs présidentiels depuis 2021. Les autorités tunisiennes n’ont pas communiqué publiquement sur les accusations formulées par Amnesty International concernant l’accès au procès.
Amnesty International a annoncé son intention de poursuivre son travail de documentation sur la situation des droits humains en Tunisie.
MK/AK/Sf/APA







