Le chef de la diplomatie égyptienne, Badr Abdelatty, a souligné l’ampleur des défis migratoires, la coopération avec l’Union européenne et les principales crises régionales, de Gaza à la Corne de l’Afrique.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a affirmé que l’Egypte « assume un lourd fardeau en accueillant des millions de réfugiés fuyant les conflits régionaux », qualifiant la gestion des migrations de défi commun nécessitant une responsabilité partagée. Cette déclaration est intervenue dans le cadre d’entretiens diplomatiques consacrés au renforcement des relations entre Le Caire et ses partenaires européens.
Selon Abdelatty, la migration irrégulière constitue une priorité majeure à la fois pour l’Égypte et l’Union européenne, représentant un enjeu sécuritaire, humanitaire et économique partagé. Il a insisté sur la nécessité de s’attaquer aux causes profondes des flux migratoires, notamment les conflits, l’instabilité et le sous-développement, tout en promouvant des voies de migration régulière et légale. Le ministre a également appelé à une coopération plus étroite avec Bruxelles pour soutenir les pays d’accueil.
Ces échanges s’inscrivent dans le cadre du rehaussement des relations bilatérales à un niveau de « partenariat stratégique et global ». Abdelatty a souligné l’importance de capitaliser sur l’élan créé par le sommet tenu en octobre dernier, dont les conclusions servent de feuille de route pour les relations politiques, économiques, commerciales, culturelles et éducatives. Il a plaidé pour la levée des obstacles aux exportations égyptiennes vers les marchés européens et pour l’activation rapide de la plateforme Égypte–UE pour l’investissement, avec un élargissement des secteurs concernés.
Sur le plan régional, les discussions ont largement porté sur la situation à Gaza. Abdelatty a souligné l’importance de la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord en cours, incluant des projets de relèvement et de reconstruction. Il a évoqué un rôle accru de l’UE dans la gestion des points de passage, notamment pour l’acheminement de l’aide humanitaire, rejetant toute tentative de séparation entre la bande de Gaza et la Cisjordanie.
Le chef de la diplomatie égyptienne a par ailleurs fermement rejeté la reconnaissance par Israël du Somaliland, estimant qu’elle constitue un précédent dangereux pour la souveraineté des États. Il a réaffirmé l’attachement de l’Égypte à l’intégrité territoriale de la Somalie et annoncé sa participation, le 10 janvier, à une réunion ministérielle de l’Organisation de la coopération islamique.
Abdelatty a également abordé les crises au Yémen et au Soudan, soulignant que la stabilité de ces pays est indissociable de la sécurité régionale et nationale égyptienne, et réaffirmant le rejet de toute solution militaire aux conflits en cours.
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