Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné un renforcement des contrôles des prix, un encadrement des intermédiaires et une enquête sur la commercialisation des viandes importées.
Cette offensive réglementaire contre la spéculation met aussi en lumière les difficultés persistantes de régulation du marché et de protection du pouvoir d’achat.
La question des prix des produits alimentaires de première nécessité était au centre du Conseil des ministres présidé par le chef de l’État. Selon le communiqué officiel, Abdelmadjid Tebboune a demandé la préparation d’un texte visant à encadrer strictement les intermédiaires entre producteurs et consommateurs.
Le Premier ministre a également été chargé d’enquêter sur les pratiques de certains importateurs de viandes et sur les écarts de prix observés entre les boucheries, y compris dans un même quartier.
Ces instructions traduisent la volonté présidentielle de reprendre la main sur les circuits de commercialisation, accusés de contribuer aux tensions inflationnistes. Mais elles soulèvent une question de fond : pourquoi les mécanismes de surveillance existants n’ont-ils pas permis de prévenir ou de contenir plus efficacement les dérives dénoncées par les autorités elles-mêmes ? L’annonce de nouvelles mesures de contrôle ne constitue pas, à elle seule, une garantie de baisse des prix.
Le dispositif envisagé prévoit également le plafonnement des prix et l’encadrement des marges bénéficiaires pour plusieurs catégories de produits, notamment les légumes, les légumes secs, les pâtes alimentaires et les viandes.
Les autorités veulent, en parallèle, renforcer les équipes d’inspection, organiser des contrôles quotidiens sous la responsabilité des walis et mettre en place une base de données numérique destinée à détecter les hausses anormales. Le gouvernement entend aussi acheter et stocker les excédents de production locale pour les remettre sur le marché lorsque les prix commencent à varier.
L’efficacité de ces mesures dépendra toutefois de leur application sur le terrain. Le plafonnement des prix devra tenir compte des coûts de production, de transport et de distribution, tandis que le stockage des excédents nécessitera des capacités logistiques et une gestion rigoureuse.
Sans transparence sur les marges, les volumes disponibles et les résultats des inspections, l’intensification des contrôles risque de rester davantage une démonstration d’autorité qu’une réponse durable aux déséquilibres du marché.
Le Conseil des ministres a également examiné plusieurs projets d’infrastructures, dont la ligne ferroviaire minière reliant Bled El Hadba au port d’Annaba, le lancement de la ligne Laghouat-El Meniaa-In Salah-Tamanrasset et le raccordement de stations de dessalement dans les wilayas de Chlef, Mostaganem et Tlemcen. Ces dossiers illustrent les ambitions de développement du pays, mais leur concrétisation suppose des délais maîtrisés, une exécution rigoureuse et un suivi transparent des investissements.
Face à la vie chère, l’enjeu immédiat reste néanmoins celui des résultats. Les ménages attendent moins une multiplication des instructions présidentielles qu’une amélioration concrète de l’accès aux produits essentiels et une stabilisation de leurs dépenses. C’est à cette aune que sera jugée la nouvelle offensive contre la spéculation.
MK/AK/APA





