Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb a présidé samedi une réunion du Conseil interministériel consacrée à la présentation de la stratégie nationale de gestion des risques majeurs à l’horizon 2035, selon un communiqué officiel des services du chef du gouvernement. Élaboré par des experts nationaux sur instruction du président de la République, ce plan vise à renforcer le système national de prévention et de gestion des catastrophes, dans un contexte où le pays reste régulièrement frappé par des incendies, des inondations ou des accidents industriels.
Selon la communication gouvernementale, cette stratégie s’appuie sur des plans d’action annuels assortis d’objectifs précis et d’une répartition des responsabilités entre les différents ministères. Elle s’inscrit également dans le cadre du Cadre d’action de Sendai adopté par les Nations unies, qui constitue la référence internationale en matière de réduction des risques de catastrophes et de limitation de leurs impacts humains et économiques.
Les autorités présentent ce dispositif comme un prolongement de la nouvelle loi sur la prévention et la gestion des catastrophes adoptée en 2024. Le texte ambitionne officiellement de moderniser les mécanismes d’intervention et d’améliorer la coordination institutionnelle afin de répondre plus rapidement aux situations d’urgence.
Cependant, ces annonces interviennent dans un pays où la gestion des crises a souvent été critiquée pour son manque d’anticipation et la faiblesse de ses infrastructures. Les incendies dévastateurs qui ont frappé le nord du pays ces dernières années, notamment en Kabylie, ont mis en lumière les limites des dispositifs de prévention et l’insuffisance des moyens logistiques mobilisés face aux catastrophes naturelles.
Sur le plan économique, ces vulnérabilités structurelles s’ajoutent à une dépendance persistante aux hydrocarbures, qui continue de limiter les marges budgétaires consacrées à l’aménagement du territoire et à la modernisation des équipements de protection civile. Malgré des recettes pétrolières importantes lors des périodes de hausse des prix de l’énergie, de nombreux observateurs estiment que les investissements dans la prévention des risques restent insuffisants au regard des besoins du pays.
Dans ce contexte, la stratégie annoncée à l’horizon 2035 apparaît pour certains analystes davantage comme un cadre programmatique que comme un véritable tournant opérationnel. Sa crédibilité dépendra surtout de sa traduction concrète sur le terrain, dans un système administratif souvent critiqué pour sa lenteur et pour le décalage récurrent entre les plans gouvernementaux et leur mise en œuvre effective.
MK/AK/te/APA





