Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP) nigérienne, le général d’armée Saïd Chanegriha, a reçu mercredi 21 octobre 2026, au siège de l’état-major à Alger, le ministre d’État nigérien chargé de la Défense nationale, le général d’armée Salifou Modi, à la tête d’une délégation militaire de haut rang.
Cette visite de travail, qui intervient quelques jours après un précédent déplacement du responsable nigérien en Algérie, a débouché sur la signature d’un protocole d’accord de coopération militaire entre les deux pays.
Derrière les déclarations convenues sur la fraternité et la coordination sécuritaire, Alger cherche à consolider une présence diplomatique et militaire dans un Sahel profondément recomposé. La multiplication des contacts avec Niamey témoigne d’une volonté de maintenir l’Algérie dans le jeu régional, alors que les autorités nigériennes ont engagé une redéfinition de leurs partenariats stratégiques et que les dispositifs sécuritaires traditionnels ont été fragilisés par les ruptures politiques au sein de la région.
Lors de l’audience, Chanegriha a affirmé la disponibilité de l’armée algérienne d’examiner toute proposition nigérienne visant à renforcer la coopération militaire et sécuritaire. Salifou Modi a, pour sa part, salué le niveau de coordination entre les deux armées. Toutefois, le communiqué du ministère algérien de la Défense ne précise ni les dispositions opérationnelles du protocole signé, ni les moyens qui seront mobilisés, ni les résultats attendus sur le terrain. Cette absence de détails laisse planer une incertitude sur la portée concrète de l’accord.
L’enjeu est pourtant considérable. Le Niger demeure confronté à une insécurité persistante, notamment dans ses régions occidentales et méridionales, tandis que les groupes armés continuent de tirer profit des fragilités territoriales et de la porosité des frontières. Pour Alger, le renforcement des liens militaires avec Niamey représente une opportunité de préserver ses intérêts dans son voisinage immédiat, mais aussi de défendre son statut de puissance régionale incontournable.
Cette ambition se heurte néanmoins à une réalité plus complexe. Les évolutions politiques et sécuritaires au Sahel ont réduit la capacité des acteurs extérieurs à imposer leurs cadres de coopération. L’Algérie, qui revendique traditionnellement une approche fondée sur la médiation et la non-ingérence, doit désormais démontrer que ses initiatives militaires peuvent produire des résultats tangibles sans alimenter les rivalités régionales.
MK/AK/Sf/APA





