Le gouvernement algérien entend renforcer le taux d’intégration locale dans les industries automobile et des téléphones mobiles.
Réuni mercredi 21 octobre, l’Exécutif a examiné un mécanisme destiné à mesurer la part réelle des composants et des processus industriels réalisés en Algérie.
Une ambition qui révèle, en creux, les limites d’un modèle encore largement dépendant de l’importation, malgré les annonces répétées en faveur d’une industrialisation nationale.
La distinction entre assemblage et production industrielle constitue désormais le principal enjeu de cette politique. Dans son communiqué, le Premier ministre affirme vouloir déterminer la «composante matérielle réelle» et les opérations effectivement réalisées sur le territoire national.
L’objectif affiché consiste à encourager l’implantation industrielle, accroître le taux d’intégration et réduire la facture des importations. Mais cette nouvelle exigence soulève une question fondamentale : pourquoi l’Algérie, qui dispose de ressources énergétiques considérables et affiche depuis plusieurs années de grandes ambitions industrielles, peine-t-elle encore à bâtir des chaînes de production capables de fournir localement les composants essentiels ?
L’automobile concentre les contradictions de cette stratégie. La semaine dernière, le président Abdelmadjid Tebboune a annoncé l’arrivée d’une voiture entièrement algérienne à l’horizon 2028, évoquant notamment la fabrication locale de moteurs, de boîtes de vitesses et de roues, ainsi que des partenariats avec des industriels allemands et italiens.
Cette perspective suppose cependant bien davantage que l’ouverture d’usines ou l’installation de lignes de montage. Elle exige des équipementiers compétitifs, une ingénierie maîtrisée, des compétences techniques spécialisées et des volumes de production suffisants pour amortir les investissements. Sans cet écosystème, le label national risque de masquer une dépendance persistante aux technologies, aux pièces et aux savoir-faire étrangers.
Le défi est tout aussi considérable dans les smartphones. L’assemblage d’appareils à partir de composants importés ne saurait, à lui seul, constituer une industrie électronique autonome. La fabrication de circuits intégrés, d’écrans ou de processeurs nécessite des investissements lourds, des infrastructures spécialisées et une maîtrise technologique difficile à acquérir rapidement.
Le mécanisme de calcul du taux d’intégration pourrait contribuer à distinguer la valeur réellement créée en Algérie de celle simplement incorporée à des produits assemblés sur place. Encore faudra-t-il que les critères retenus soient transparents, vérifiables et suffisamment exigeants pour éviter qu’un indicateur administratif ne se substitue à une véritable performance industrielle.
MK/AK/Sf/APA





