L’initiative d’accélération de la connexion annoncé par l’Unicef vise en priorité les enfants des zones rurales et des communautés africaines à faibles revenus, en cherchant à connecter jusqu’à 500 000 écoles et structures essentielles dans 54 pays.
L’Unicef a annoncé, lundi, le lancement d’une initiative continentale d’achats groupés pour accélérer la connectivité Internet des écoles et autres structures essentielles au service des enfants à travers l’Afrique, visant jusqu’à 500 000 établissements dans 54 pays.
Dans le communiqué parvenu à APA, l’agence onusienne invite les fournisseurs d’accès à Internet à manifester leur intérêt pour fournir des services de connectivité gérés (terrestres, sans fil, satellitaires ou hybrides) à grande échelle, au profit des écoles, des centres de santé et d’autres institutions dédiées à l’enfance. L’appel à manifestation d’intérêt est ouvert jusqu’au 27 mars 2026.
La première phase de l’initiative prend la forme d’un appel public à manifestation d’intérêt (Request for Expression of Interest, REoI), destiné à identifier et présélectionner des opérateurs capables de proposer des solutions clés en main. Un appel d’offres compétitif (Request for Proposals, RFP) est prévu au deuxième trimestre 2026.
Pour l’Unicef, l’accès à Internet constitue un levier fondamental pour garantir aux enfants leurs droits à l’éducation, à l’information, à la participation et à la protection. Or, 2,6 milliards de personnes dans le monde restent privées de connexion, les enfants des zones rurales et des communautés à faibles revenus en Afrique étant les plus touchés.
Sans réformes structurelles, avertit l’organisation, ces fractures numériques risquent d’accentuer les inégalités en matière d’éducation, de santé et d’opportunités économiques.
Dans un contexte où l’intelligence artificielle et les technologies numériques transforment les systèmes éducatifs, les marchés du travail et les services publics dans plusieurs pays, l’absence d’accès de base à Internet empêche des millions d’enfants de participer à cette mutation. « La connectivité n’est plus une infrastructure optionnelle : elle est devenue fondamentale », souligne le communiqué.
L’initiative marque un tournant par rapport aux approches fragmentées, pays par pays, en matière d’achats de connectivité. En agrégeant la demande des gouvernements et en harmonisant les exigences de service, l’Unicef entend structurer un marché continental plus prévisible, tout en offrant aux fournisseurs une meilleure visibilité sur la demande.
« Ce REoI, et le futur RFP, visent à apporter davantage de structure et de prévisibilité aux marchés de la connectivité scolaire. En définissant en amont les attentes en matière de services et en alignant la demande entre pays, nous pouvons passer d’achats fragmentés à une connectivité gérée, fiable, mesurable et durable », a déclaré Kaan Çentintürk, directeur des systèmes d’information de l’Unicef, cité dans la note.
L’organisme onusien agira comme agent d’approvisionnement pour les gouvernements participants et travaillera en étroite collaboration avec des institutions financières telles que la Banque mondiale, ainsi qu’avec des partenaires comme Smart Africa et la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), afin d’aligner financements et appuis à la mise en œuvre.
L’agence met en avant son expérience en matière d’achats dans d’autres secteurs, notamment celui des vaccins, représentant un volume annuel de 5,2 milliards de dollars dans 162 pays, ainsi que des systèmes éprouvés et une crédibilité de marché favorables aux déploiements à grande échelle.
Le REoI actuellement ouvert ne requiert pas de propositions tarifaires contraignantes. Il vise plutôt à recueillir des informations sur les capacités opérationnelles des fournisseurs, leur couverture géographique et leur aptitude à fournir des services de connectivité gérés assortis de mécanismes de redevabilité. La participation à cette phase conditionnera l’éligibilité à l’appel d’offres compétitif ultérieur.
L’Unicef précise que l’initiative est ouverte aux opérateurs légalement établis dans les pays concernés, capables d’intervenir à grande échelle, y compris avec des solutions garantissant la continuité énergétique et intégrant des mesures de cybersécurité et de protection adaptées aux enfants.
ARD/te/Sf/APA







