Malgré les initiatives diplomatiques menées par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine, les combats se poursuivent dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où la situation sécuritaire et humanitaire reste préoccupante, a indiqué mardi l’envoyé spécial des Nations unies pour la région des Grands Lacs, Huang Xia, devant le Conseil de sécurité.
« Un véritable cessez-le-feu peine à se concrétiser », a déploré le responsable onusien, évoquant la poursuite des affrontements en RDC, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, où le groupe armé AFC/M23, soutenu par l’armée rwandaise selon l’ONU, continue d’étendre et de consolider son emprise territoriale.
Les efforts diplomatiques se poursuivent sur plusieurs fronts. Les États-Unis accompagnent le processus de paix entre Kinshasa et Kigali, tandis que le Qatar facilite les négociations entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23. L’Union africaine œuvre, pour sa part, à la coordination de ces initiatives et au rétablissement de la confiance entre les pays de la région.
Des avancées ont été enregistrées, notamment avec la conclusion d’un protocole relatif au désarmement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et le lancement des premières missions d’un mécanisme conjoint de vérification des engagements. Toutefois, des divergences persistent sur l’application de ces dispositions, tandis que les retraits du M23 de certaines positions restent limités, selon le rapport présenté par Huang Xia.
Sur le terrain, les affrontements se poursuivent dans plusieurs localités du Sud-Kivu, notamment dans les territoires de Mwenga et de Fizi, ainsi qu’au Nord-Kivu, à Masisi, Lubero et Walikale. Le rapport fait état d’un recours accru aux drones armés, à l’artillerie lourde et aux explosifs dans des zones habitées.
D’autres groupes armés contribuent également à l’insécurité. Les Forces démocratiques alliées (ADF), affiliées à l’organisation État islamique, auraient été impliquées dans 211 incidents ayant fait 468 victimes civiles au cours de la période examinée. Les FDLR sont, quant à elles, mises en cause dans 94 incidents ayant entraîné la mort de 40 civils.
Entre le 16 mars et le 15 septembre, les Nations unies ont recensé 2 186 violations et atteintes aux droits humains attribuées à des groupes armés, soit 70 % du total documenté. L’AFC/M23 serait responsable de la moitié de ces exactions. Les forces de sécurité congolaises sont également mises en cause, avec 891 violations attribuées à des acteurs étatiques.
La crise humanitaire demeure tout aussi préoccupante. Fin juin, la RDC comptait plus de six millions de personnes déplacées et plus de 26 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. La résurgence d’Ebola aggrave également les besoins sanitaires. Au 19 septembre, les autorités avaient signalé 7 672 cas confirmés et 3 699 décès, selon les données citées dans le rapport.
L’envoyé spécial a par ailleurs souligné le rôle de l’exploitation et du trafic illégaux de minerais dans le financement des groupes armés. Il a appelé à renforcer la traçabilité des chaînes d’approvisionnement afin de limiter les ressources qui alimentent l’économie de guerre.
Les tensions entre Kinshasa et Kigali, ainsi qu’entre le Rwanda et le Burundi, font également craindre une extension du conflit à l’échelle régionale. Le rapport avertit qu’un incident frontalier pourrait provoquer une confrontation plus large.
Face à cette situation, Huang Xia a appelé les parties à traduire leurs engagements diplomatiques en résultats concrets et vérifiables, soulignant que la fenêtre ouverte par les négociations ne resterait pas indéfiniment disponible.
TE/Sf/APA





