Le Mali a inauguré le nouveau site de son Centre d’intelligence artificielle et de robotique, dont le coût initial avait été évalué à 3,3 milliards de francs CFA. Déjà actif dans la formation, l’établissement ambitionne de développer des solutions adaptées aux besoins scientifiques, économiques et industriels du pays.
Le président de la Transition, Assimi Goïta, a inauguré, lundi 21 septembre, le nouveau site du Centre d’intelligence artificielle et de robotique du Mali (CIAR-Mali), à Kati-Sirakoro Niaré, près de Bamako.
La cérémonie consacre l’installation de l’établissement dans ses nouvelles infrastructures, après le démarrage de ses activités pédagogiques. Le CIAR-Mali avait accueilli ses premiers étudiants en 2025.
Le projet remonte à septembre 2022, lorsque le chef de l’État avait annoncé la création d’un pôle d’excellence technologique destiné à réunir des structures de formation et de recherche dans les sciences, les mathématiques et l’ingénierie. Assimi Goïta en avait posé la première pierre le 7 juin 2023.
Le centre a ensuite été créé juridiquement par une ordonnance du 4 août 2023 en tant qu’établissement public à caractère scientifique et technologique. Sa mission couvre la formation initiale et continue, la recherche, le développement de partenariats et la conception de solutions utilisant l’intelligence artificielle et la robotique.
Le coût annoncé lors du lancement des travaux s’élevait à 3,3 milliards de francs CFA, soit un peu plus de cinq millions d’euros. Le financement devait être intégralement assuré par le budget national.
Le projet présenté en 2023 portait sur un domaine de 50 hectares, dont cinq réservés aux constructions. Il prévoyait six blocs comprenant notamment des locaux administratifs et pédagogiques, des espaces de recherche, des dortoirs, un amphithéâtre, une infirmerie ainsi qu’un atelier de fabrication et d’assemblage de systèmes intelligents.
Les autorités veulent orienter les travaux du centre vers des applications dans la santé, l’agriculture, l’environnement, les mines, l’énergie, l’industrie, la défense et la sécurité. L’établissement est également chargé de faciliter l’accès des filles et des femmes aux formations scientifiques et technologiques.
Formation
Le CIAR-Mali avait déjà commencé à recevoir des apprenants avant l’inauguration de son nouveau site. Selon le rapport d’activité présenté en mars 2026 à son conseil d’administration, les premiers groupes réunissaient 54 étudiants en licence et 40 bacheliers admis dans un cycle préparatoire.
Pour l’année universitaire 2026-2027, quarante nouvelles places ont été ouvertes en première année du cycle préparatoire intégré en mathématiques, physique et sciences de l’ingénieur. Le concours d’admission avait été programmé le 15 septembre au lycée public Mamby Sidibé de Kati.
La Présidence malienne avait présenté le CIAR-Mali, lors du lancement de sa construction, comme un établissement « premier du genre » dans le pays. Cette qualification concerne la création d’une structure publique spécialisée. Des initiatives comme RobotsMali formaient déjà des jeunes et participaient à des compétitions internationales de robotique avant la mise en place du centre.
Cette infrastructure s’inscrit dans la volonté affichée par Bamako de renforcer la formation scientifique et de réduire la dépendance du pays envers les technologies et compétences étrangères. Elle intervient alors que plusieurs États africains cherchent à former localement des ingénieurs et des chercheurs capables de développer des applications répondant à leurs propres besoins.
Le nombre d’enseignants-chercheurs permanents, les capacités informatiques disponibles, le budget annuel de fonctionnement et les partenariats scientifiques déjà conclus n’ont pas encore été détaillés. Le nouveau site est désormais inauguré. Sa place dans le paysage technologique malien et sahélien se mesurera aux formations assurées, aux recherches produites et aux solutions qui sortiront de ses laboratoires.
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