Le Front de libération de l’Azawad (FLA) a annoncé mardi le retrait de ses combattants de Kidal, ville du nord du Mali qu’il contrôlait depuis les attaques d’avril. Cette décision intervient après plusieurs frappes revendiquées par l’armée malienne et le renforcement de ses positions dans la région.
Kidal connaît un nouveau basculement militaire, moins de six mois après que les forces maliennes et leurs partenaires russes ont perdu le contrôle de cette ville stratégique lors des attaques coordonnées du 25 avril.
Dans un communiqué daté du 6 octobre, le Front de libération de l’Azawad annonce avoir ordonné le retrait de ses combattants de la ville.
Son porte-parole, Mohamed Elmaouloud Ramadane, présente cette décision comme un « repli stratégique et maîtrisé ». Il affirme que le retrait s’est effectué sans affrontement terrestre direct et le décrit comme une mesure temporaire destinée à préserver les capacités humaines et logistiques du mouvement.
Le document ne précise ni la nouvelle localisation des combattants ni leurs effectifs. Le FLA attribue sa décision à l’intensification des opérations aériennes menées dans la zone.
L’armée malienne n’avait pas encore annoncé officiellement son entrée dans Kidal ou la reprise de la ville au moment de la rédaction de cet article. Des médias maliens ont toutefois fait état de la présence de forces gouvernementales.
Pression
Le retrait annoncé intervient après plusieurs jours d’opérations aériennes revendiquées par les Forces armées maliennes dans la région. Le 4 octobre, l’état-major a déclaré avoir frappé quatre positions à l’intérieur de Kidal ainsi que deux autres au nord-est d’Anéfis. Le lendemain, il a annoncé la poursuite d’opérations aéroterrestres et de frappes autour de Tinzaouatène, près de la frontière algérienne.
Des positions et des installations logistiques avaient déjà été visées autour de Kidal à la mi-septembre.
Les forces maliennes et leurs partenaires russes avaient quitté Kidal après les attaques coordonnées du 25 avril, menées par le FLA et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda. La ville, reprise par Bamako en novembre 2023, était alors repassée sous le contrôle des groupes armés.
Après ce revers, l’armée a consolidé ses positions plus au sud, notamment à Anéfis, située à une centaine de kilomètres de Kidal. En juillet, elle avait annoncé avoir repris cette localité après l’arrivée de renforts venus de Gao, sous couverture aérienne.
Kidal constitue le centre administratif de la région et commande plusieurs axes conduisant vers Aguelhoc, Tessalit et la frontière algérienne. L’annonce du FLA constitue son premier aveu de retrait de la ville depuis avril. La situation territoriale exacte reste toutefois à établir, dans l’attente d’un communiqué des autorités maliennes et de vérifications indépendantes.
MD/te/APA





