La Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL) a réaffirmé qu’elle ne possède ni l’autorité pour imposer un gouvernement ni celle pour en destituer un, soulignant que son mandat consiste uniquement à accompagner les Libyens dans leur quête de consensus politique et dans la préparation d’élections nationales visant à rétablir la légitimité des institutions.
Dans un communiqué publié lundi, la MANUL a souhaité clarifier les « malentendus persistants » concernant la portée de son rôle. Certains acteurs politiques libyens lui attribuent à tort un pouvoir d’intervention relevant du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies. La mission a précisé que son mandat actuel découle de la résolution 2755 (2024) du Conseil de sécurité, adoptée dans le cadre du Chapitre VI, qui porte sur le règlement pacifique des différends. À ce titre, la mission œuvre à travers des actions de médiation et de bons offices, dans un processus entièrement « dirigé et pris en charge par les Libyens ».
La MANUL a rappelé que si certaines dispositions concernant la Libye relèvent effectivement du Chapitre VII — notamment les sanctions, l’embargo sur les armes et les restrictions de voyage visant certaines figures —, le processus politique intérieur échappe à tout mécanisme coercitif prévu par ce chapitre, réservé aux situations représentant une menace pour la paix et la sécurité internationales.
La mission a également souligné que la résolution 2769 (2025), qui prévoit des mesures spécifiques contre la Libye, relève bien du Chapitre VII, mais que sa mise en œuvre incombe exclusivement au Comité des sanctions du Conseil de sécurité. Ce comité supervise notamment le respect de l’embargo sur les armes, le gel des avoirs souverains et les restrictions sur les exportations illégales de pétrole.
Cette clarification intervient dans un contexte politique tendu, marqué par des rivalités persistantes entre les gouvernements de Tripoli et de Benghazi, et par des critiques croissantes à l’encontre du rôle des Nations unies dans le processus de médiation. Malgré les blocages, la MANUL continue d’appeler à un compromis national permettant enfin l’organisation d’élections présidentielle et législatives, maintes fois repoussées.
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