Le gouvernement soudanais, soutenu par l’armée, accuse l’Éthiopie d’abriter des installations utilisées par les Forces de soutien rapide (FSR) pour lancer des attaques de drones contre son territoire. Dans un rapport consulté mardi par APA, les autorités soudanaises font état de 70 attaques impliquant 187 drones kamikazes entre le 15 février et le 27 octobre 2026.
Rendues publiques les 1er et 2 novembre, ces accusations portent sur l’utilisation présumée du territoire éthiopien comme base de lancement de drones d’attaque, dont certains équipés de missiles, contre des positions soudanaises depuis février dernier. Khartoum considère ces opérations comme des actes hostiles portant atteinte à sa souveraineté et à son intégrité territoriale et appelle les organisations internationales et africaines à intervenir en urgence.
Selon le rapport du Conseil souverain de transition, dirigé par l’armée, ces attaques auraient fait 484 victimes civiles, tuées ou blessées. Elles auraient également causé la mort de 176 soldats soudanais et blessé environ 200 autres.
Les frappes signalées auraient visé des zones résidentielles, des établissements hospitaliers, des installations pétrolières et des infrastructures essentielles, notamment des centrales électriques. Le Soudan affirme que 13 à 14 centrales ont été touchées dans plusieurs États, dont Khartoum, El Gezira, Sennar et El Gedaref, entraînant des coupures d’électricité et des perturbations dans la fourniture des services essentiels.
Parmi les incidents recensés figure une frappe survenue le 9 octobre contre des familles déplacées à Wad el-Mahi, dans la région du Nil Bleu, à proximité de la frontière éthiopienne. Les autorités soudanaises attribuent à cette attaque la mort de 30 civils, dont 26 femmes et quatre enfants, ainsi qu’environ 100 blessés.
Les documents accompagnant les plaintes soudanaises citent notamment l’aéroport d’Asosa, dans l’ouest de l’Éthiopie, la zone frontalière de Kurmuk-Gizen et la base aérienne de Bahir Dar, dans la région de l’Amhara, comme des sites qui auraient servi à faciliter les opérations de drones.
Pour étayer ses accusations, Khartoum affirme avoir transmis plusieurs documents, notamment des tableaux détaillant les attaques signalées, les types de drones utilisés, les pertes humaines ainsi que les dégâts matériels enregistrés.
Les autorités soudanaises estiment que l’utilisation présumée du territoire éthiopien pour mener ces opérations constitue une violation du droit international, notamment de l’article 2, paragraphe 4, de la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un État.
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