À Alger, les autorités ont réaffirmé leur volonté de sécuriser l’investissement par le droit, lors d’un forum national consacré à la sécurité juridique, dans un contexte où les annonces de réformes peinent encore à dissiper les incertitudes structurelles du climat des affaires.
Le Premier ministre algérien, Sifi Ghrieb, a ouvert samedi à Alger les travaux du Forum national sur la sécurité juridique et son impact sur le développement économique, organisé sous le haut patronage du président Abdelmadjid Tebboune. La rencontre a rassemblé responsables institutionnels, magistrats, représentants du secteur économique et universitaires autour d’un thème présenté comme central dans l’agenda des réformes publiques.
Dans son allocution, le chef du gouvernement a insisté sur la volonté des autorités de renforcer l’environnement juridique national afin de favoriser l’investissement, l’initiative privée et l’innovation. Il a affirmé que la sécurité juridique constitue désormais un « pilier » des orientations économiques, assurant que l’Algérie œuvre à la construction d’un cadre « sûr et stable » pour les opérateurs économiques, condition présentée comme indispensable à l’attractivité du pays.
Sifi Ghrieb est revenu sur les réformes engagées ces dernières années, évoquant la consécration constitutionnelle de la liberté du commerce et de l’investissement, ainsi que les ajustements apportés aux textes régissant l’investissement, le foncier économique, le système bancaire et les marchés publics. Il a également rappelé les appels répétés du chef de l’État à mettre fin à la « criminalisation de l’acte de gestion », un thème récurrent du discours officiel depuis plusieurs années, sans toutefois lever totalement les craintes des gestionnaires publics et privés.
Sur le plan judiciaire, le Premier ministre a soutenu que la justice devait jouer un rôle dépassant le simple règlement des litiges, en contribuant à la stabilité de l’activité économique. Il a cité les réformes engagées pour moderniser l’appareil judiciaire et renforcer son indépendance, alors que de nombreux acteurs économiques continuent de dénoncer l’imprévisibilité des décisions et la lenteur des procédures.
Au cœur des annonces figure la révision du Code pénal en 2024, présentée comme un tournant, avec l’introduction de critères dits objectifs pour encadrer les poursuites liées aux actes de gestion et de nouvelles dispositions contre les entraves à l’investissement. Le gouvernement met également en avant l’entrée en vigueur, en août 2025, du nouveau Code de procédure pénale, limitant les poursuites contre les dirigeants d’entreprises publiques à la suite d’une plainte des organes sociaux concernés.
Si l’exécutif affirme que ces évolutions constituent une avancée majeure pour restaurer la confiance, plusieurs observateurs soulignent que l’efficacité de ces textes dépendra de leur application concrète, dans un système encore marqué par une forte intervention administrative et une judiciarisation fréquente de l’économie. En conclusion, le Premier ministre a appelé à formuler des recommandations « pratiques », promettant l’examen de toute proposition visant à renforcer la sécurité juridique, un engagement déjà maintes fois réitéré par les autorités.
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