Le Haut Conseil d’État libyen a rejeté deux initiatives récentes de la Chambre des représentants, sur l’armée et sur l’électorat, dénonçant des décisions unilatérales jugées contraires aux accords politiques et susceptibles d’aggraver l’impasse institutionnelle.
Le Haut Conseil d’État (HCS) a annoncé avoir rejeté des décisions prises par la Chambre des représentants (HoR) relatives à l’organisme électoral et à la rémunération des militaires. Dans un communiqué diffusé lundi, le conseil accuse le Parlement d’avoir agi sans concertation, en violation des mécanismes de consensus censés encadrer la transition politique en Libye.
Le HCS critique en particulier les nominations opérées par la Chambre des représentants au sein de la Haute Commission électorale nationale. Selon le conseil, la procédure adoptée serait entachée d’irrégularités tant sur le plan juridique que procédural. Il rappelle qu’un accord préalable liait les deux chambres, prévoyant le remplacement intégral du conseil d’administration de la commission afin de renforcer son indépendance et de restaurer la confiance du public en amont des prochaines échéances électorales.
Dans sa mise en garde, le Haut Conseil d’État estime que toute décision unilatérale touchant au processus électoral risque de compromettre la coopération institutionnelle, d’approfondir les divisions politiques et d’accentuer l’incertitude qui entoure la trajectoire de sortie de crise. Le conseil souligne que la crédibilité du cadre électoral demeure un enjeu central dans un pays toujours dépourvu d’autorités unifiées et d’un calendrier électoral consensuel.
Le HCS s’est également opposé à la décision du Parlement visant à augmenter les salaires des membres de l’armée libyenne. Il considère qu’une telle mesure ferait peser une charge supplémentaire sur le budget national, dans un contexte de fragilités économiques persistantes et de déséquilibres structurels des finances publiques. Le conseil a réaffirmé son attachement à l’instauration d’un système salarial national unifié, couvrant à la fois les fonctionnaires civils et les personnels militaires.
La Chambre des représentants avait auparavant voté une hausse de 150 % des rémunérations pour les forces classées comme « martyrs, prisonniers, disparus et blessés au combat », sur proposition de Saddam Haftar. Elle avait parallèlement approuvé le pourvoi de postes vacants au sein de la Haute Commission électorale nationale, malgré l’accord antérieur entre les deux chambres en faveur d’un renouvellement complet de la direction de cet organe.
Ces divergences illustrent une nouvelle fois la profondeur des fractures institutionnelles en Libye, où la rivalité entre organes issus de processus politiques concurrents continue de freiner la stabilisation durable du pays.
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