Devant l’Assemblée nationale sénégalaise, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a évoqué lundi ses priorités réformatrices et les bases d’une nouvelle gouvernance institutionnelle, judiciaire et sociale, avec quatre projets de loi bientôt soumis au parlement.
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a pris part ce lundi à une séance de questions d’actualité à l’Assemblée nationale, en compagnie des membres de son gouvernement. La rencontre a été marquée par le boycott d’une partie des députés dont le groupe parlementaire Takku Wallu, proche de l’ex-président Macky Sall. Ces derniers ont dénoncé jeudi dernier des violations « répétées » du règlement intérieur, mais plus globalement une attitude méprisante à l’égard de l’opposition sénégalaise de la part du président de l’Assemblée nationale, Malick Ndiaye.
Quatorze députés, dont dix issus de Pastef, le parti au pouvoir, ont pris la parole, posant des questions variées allant de l’indépendance de la justice aux enjeux économiques et sociaux, en passant par la lutte contre la désinformation. En réponse, Ousmane Sonko a vivement critiqué l’état actuel du système judiciaire, dénonçant les manipulations passées de magistrats et la persistance « d’un Etat profond ». Il a appelé à une justice plus rapide, transparente et crédible, soulignant que « la justice doit être rendue avec célérité, car le citoyen a besoin de connaître rapidement son sort ».
Selon lui, l’indépendance de la justice ne signifie pas pour autant l’anarchie. « L’indépendance ne signifie pas un Gouvernement des juges qui font ce qu’ils veulent. La politique pénale, ce n’est pas les magistrats qui la déterminent, mais l’Exécutif », a rappelé Sonko, en insistant sur la complémentarité institutionnelle définie par la Constitution.
Le président de Pastef a par ailleurs annoncé quatre projets de loi en préparation : la réforme de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC), un texte sur les lanceurs d’alerte, une loi sur l’accès à l’information publique et un projet sur la déclaration de patrimoine.
La réforme de l’OFNAC pourrait signifier en effet la fin du mandat de Serigne Bassirou Guèye, son actuel président, ex-procureur de la République au tribunal de Dakar souvent accusé par les proches de Sonko d’avoir protégé l’ancien régime. Plusieurs responsables de Pastef, dont Waly Diouf Bodian, actuel directeur général du Port autonome de Dakar, ont publiquement demandé son remplacement pour, selon eux, permettre l’ouverture de poursuites contre certains anciens dignitaires.
S’adressant à la presse et aux acteurs des réseaux sociaux, le Premier ministre a également déclaré la fin de la complaisance face aux fausses nouvelles. « En matière de diffusion de fausses informations, c’est désormais tolérance zéro. Nous garantissons la liberté d’expression, mais pas celle d’enfreindre la loi ou de menacer l’ordre public », a-t-il soutenu alors que trois chroniqueurs et journalistes sont convoqués ce lundi à la police.
Pour apaiser le climat social, Ousmane Sonko a promis de poursuivre les rencontres sectorielles. « Après les syndicats, je vais échanger avec le secteur informel, les conducteurs de motos Jakarta, les marchands ambulants, les agriculteurs, les éleveurs… Toutes les forces vives de la Nation. Il nous faut un consensus fort », a-t-il souligné.
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