Dans le cadre des efforts visant à soutenir la riposte en cours contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC), l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réuni gouvernements, partenaires et agences techniques afin d’harmoniser les priorités d’intervention et de renforcer les dispositifs de préparation dans les zones affectées ainsi que dans les pays voisins.
L’épidémie d’Ebola en RDC touche plusieurs zones sanitaires de la province de l’Ituri, notamment Mongbwalu, Rwampara et Bunia, où les autorités sanitaires font face à des cas confirmés, des décès suspects ainsi qu’à des contaminations parmi le personnel médical.
Selon l’OMS, l’évolution de la situation, combinée à l’insécurité et aux mouvements de populations liés aux activités minières et commerciales, continue de compliquer les opérations de riposte et d’accroître le risque de propagation de la maladie.
L’organisation renforce son appui aux autorités nationales et provinciales à travers le déploiement d’experts techniques et de fournitures d’urgence destinés à améliorer la surveillance épidémiologique, les enquêtes de terrain, la prévention et le contrôle des infections, les capacités de laboratoire, les soins cliniques et les activités de sensibilisation communautaire.
Des spécialistes supplémentaires en épidémiologie, logistique, diagnostic de laboratoire, soins cliniques et mobilisation communautaire sont également mobilisés afin de soutenir les équipes de première ligne et de consolider les mesures de contrôle de l’épidémie dans les zones touchées.
« Des mécanismes de coordination clairs au niveau provincial seront essentiels pour permettre aux partenaires d’aligner rapidement leur soutien et de le déployer là où les besoins sont les plus importants », a déclaré Mir Rahimzai de FHI 360.
Les participants ont souligné l’importance d’un engagement communautaire fort et d’approches opérationnelles coordonnées afin de renforcer la confiance des populations et de soutenir les efforts de riposte dans les communautés affectées.
La réunion a rassemblé plus de 220 participants issus de l’OMS, des ministères de la Santé, d’Africa CDC, d’agences des Nations Unies, d’organisations humanitaires, d’instituts de recherche et de partenaires techniques, après la déclaration officielle de l’épidémie par le gouvernement congolais le 15 mai.
Les partenaires intensifient également leurs opérations sur le terrain. Médecins Sans Frontières (MSF) soutient les activités d’isolement des patients ainsi que les mesures de prévention et de contrôle des infections à Mongbwalu et Bunia, tandis que d’autres équipes et équipements sont en cours de déploiement vers la RDC et l’Ouganda.
Le Programme alimentaire mondial a pour sa part confirmé sa disponibilité pour assurer des opérations de pont aérien entre Kinshasa et Bunia afin de faciliter l’acheminement rapide des fournitures et équipements d’urgence vers les zones affectées.
L’Organisation internationale pour les migrations soutient également les activités de préparation et de surveillance aux points d’entrée et le long des principaux corridors transfrontaliers reliant la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud.
« Les mouvements transfrontaliers de populations demeurent un facteur majeur dans cette épidémie. Les équipes de l’OIM appuient déjà les efforts de préparation et de surveillance sur le terrain en RDC et en Ouganda », a indiqué Jerry Geoffrey Mtike.
Dans la région, plusieurs pays renforcent parallèlement leurs mesures de préparation afin de limiter les risques de propagation. La Zambie a notamment souligné les vulnérabilités liées aux corridors miniers et commerciaux, identifiant parmi ses priorités le renforcement des capacités diagnostiques, des systèmes de transport d’échantillons et de la surveillance transfrontalière.
Le représentant de l’OMS en Éthiopie, Francis Kasolo, a insisté sur la nécessité de renforcer les dispositifs de préparation au-delà des frontières terrestres, notamment le long des routes aériennes, appelant également au repositionnement de stocks stratégiques dans les pays à haut risque.
Selon le rapport diffusé par APO Group pour le compte du bureau régional africain de l’OMS, l’organisation intensifie par ailleurs ses activités de préparation régionale, notamment à travers le déploiement de matériel, la coordination des laboratoires et l’élaboration, avec ses partenaires, d’un plan stratégique multinational de préparation et de riposte.
Le document précise enfin que les pays prioritaires bénéficient d’un soutien renforcé pour améliorer la coordination des urgences, la surveillance aux frontières, la formation du personnel de santé et les plans de contingence afin de réduire les risques de propagation de l’épidémie.
GIK/lb/ac/Sf/APA







