Une caravane contre l’orpaillage illégal, qui se déroulera dans à travers les régions ivoiriennes, vise à sensibiliser la population et à former les parties prenantes, à la nécessité de préserver l’agriculture, les ressources en eau et les terres agricoles, face aux menaces liées à l’exploitation minière.
Selon M. Yoro Bi Tizié, président de l’Union des entreprises du monde agricole et forestier (UNEMAF), cette initiative a pour objectif d’encourager les exploitants miniers à adopter des pratiques respectueuses de l’environnement tout en intégrant des activités agricoles durables.
« Du 14 au 18 avril 2025 nous allons nous rendre à l’intérieur du pays, précisément dans les régions de l’Ifou (Est) et de la Mé (Sud), à l’occasion d’une initiative dénommée caravane de sensibilisation et de renforcement de capacité́ des parties prenantes sur l’orpaillage illégal », a-t-il annoncé.
Le phénomène de l’orpaillage illégal pose un véritable défi à la sécurité́ alimentaire et au développement durable des communautés rurales. Dans ce contexte, l’UNEMAF, en partenariat avec l’ONG Agir pour l’environnement dans les industries extractives (Aeie), et 2BFM, ont entrepris cette caravane de sensibilisation et de renforcement de capacités des cibles visées.
Il s’agit de proposer des solutions concrètes pour la reconversion des terres affectées par l’exploitation minière afin de restaurer leur potentiel agricole et favoriser le dialogue entre les autorités, les exploitants miniers et les communautés agricoles pour développer des stratégies communes, a-t-il dit.
Une campagne de sensibilisation aura lieu dans les chefs-lieux des régions du projet, notamment à Daoukro, chef-lieu de la Région de l’Ifou, le 15 avril 2025 et à Adzopé, chef-lieu de la Région de la Mé, le 17 avril 2025.
Cette caravane représente un moment clé pour sensibiliser et mobiliser les acteurs des régions de l’Ifou (Est) et de la Mé (Sud) sur l’importance de maintenir l’agriculture tout en gérant de manière responsable l’exploitation minière.
Les organisateurs comptent impliquer les acteurs gouvernementaux, notamment les directeurs régionaux des mines, de l’environnement, de l’agriculture, des eaux et forêts, ainsi que les autorités administratives de trois différentes régions.
En outre, seront associés les exploitants miniers et les acteurs de la société́ civile, à savoir les guides religieux et coutumiers, les associations de jeunes et de femmes, ainsi que les populations locales des régions de la Mé, de l’Indénié Djuablin (Est) et de l’Ifou.
L’objectif est de conscientiser les populations locales, les autorités, et les acteurs de l’industrie extractive à la nécessité de ne pas abandonner l’agriculture au profit exclusif de l’exploitation minière, tout en promouvant des pratiques minières respectueuses de l’environnement, a-t-il souligné.
L’exploitation minière, en particulier l’exploitation artisanale, représente une menace grandissante pour les terres agricoles et les écosystèmes de la Côte d’Ivoire. Face à la pauvreté́ et au manque d’alternatives économiques dans les zones rurales, de nombreux agriculteurs se tournent vers l’exploitation minière pour améliorer leurs conditions de vie.
Cependant, cette transition de l’agriculture vers l’exploitation minière a des conséquences dramatiques sur les sols, les ressources en eau, et la biodiversité́, tout en affectant négativement la sécurité́ alimentaire.
Pour l’UNEMAF, il est impératif de trouver un équilibre entre les besoins économiques des populations et la préservation de l’agriculture, qui demeure le secteur clé de subsistance pour une grande partie de la population ivoirienne.
De plus, la dégradation des terres agricoles à cause de l’exploitation minière illégale ou non encadrée entraîne à long terme une baisse des rendements agricoles et des revenus des familles.
« La préservation des terres agricoles et la gestion durable des ressources naturelles doivent être des priorités pour garantir un avenir prospère et durable aux populations rurales, prospère et durable aux populations rurales », soutient M. Yoro Bi Tizié.
Pour une réussite de l’opération, chaque région élaborera une feuille de route, comprenant des engagements clairs pour assurer la préservation des terres agricoles tout en gérant les activités minières de manière responsable, a-t-il poursuivi.
La caravane devrait permettre de renforcer les capacités locales pour assurer la gestion durable des terres agricoles et des ressources minières ; et de créer une dynamique de collaboration entre les acteurs agricoles, miniers et les autorités locales pour un développement intégré et durable des régions concernées.
AP/Sf/APA






