Les forces de l’ordre maliennes ont arrêté 477 personnes, mercredi 26 février à Bamako, dans le cadre d’une opération visant un réseau de traite des êtres humains et d’escroquerie transnationale. Les suspects, majoritairement originaires d’Afrique de l’Ouest, sont accusés d’exploitation de personnes vulnérables et de fraudes diverses.
Une opération de grande envergure a été menée, mercredi 26 février, par les forces de l’ordre maliennes à Bamako. Cette intervention a permis l’arrestation de 477 individus, dont 329 hommes, 148 femmes et 14 enfants âgés de un mois à six ans. Les suspects sont majoritairement originaires de Guinée, Gambie, Guinée-Bissau, Sierra Leone et Sénégal. Cette opération, qui fait suite à plusieurs mois d’enquête et de surveillance, visait à démanteler un réseau de traite des êtres humains et d’escroquerie transnationale.
Les individus arrêtés sont accusés d’être impliqués dans des activités de traite humaine, incluant le recrutement, le transport et l’exploitation de personnes vulnérables. Certains d’entre eux auraient usé de fausses promesses d’emploi ou de meilleures conditions de vie pour attirer leurs victimes, avant de les contraindre au travail forcé ou à l’exploitation sexuelle. D’autres sont soupçonnés d’avoir mis en place des systèmes d’escroquerie sophistiqués, allant des fraudes financières aux faux recrutements en passant par des arnaques aux investissements. L’enquête se poursuit afin d’identifier d’éventuels complices et d’établir l’étendue du réseau criminel.
Ces arrestations s’inscrivent dans un contexte plus large où le Mali lutte activement contre la traite des êtres humains et les crimes transnationaux. L’opération FLASH-WEKA en 2023, menée par INTERPOL et AFRIPOL, avait permis l’interpellation de plus de 1000 individus impliqués dans le trafic de migrants et l’exploitation humaine, ainsi que l’identification de centaines de victimes. En 2024, l’opération Jackal III a conduit à l’arrestation de 300 personnes et au gel de 720 comptes bancaires utilisés pour des activités frauduleuses, une partie de ces activités ayant été détectée sur le territoire malien. L’Organisation Internationale pour les Migrations a également mis en lumière, à travers une étude en 2022, la forte présence de réseaux de trafic utilisant le Mali comme zone de transit et d’exploitation.
Face à cette situation, les autorités maliennes ont renforcé leur dispositif de lutte contre la criminalité transnationale. Plusieurs mesures ont été prises, notamment l’intensification des opérations de surveillance, l’adoption de lois plus strictes en matière de cybercriminalité et de traite humaine, ainsi que le renforcement de la coopération avec les services de sécurité des pays voisins. La sensibilisation des populations aux risques liés aux offres d’emploi frauduleuses et aux migrations clandestines fait également partie des stratégies mises en place pour prévenir l’exploitation des personnes vulnérables.
L’enquête en cours vise à établir toutes les responsabilités et à identifier les bénéficiaires de ces réseaux criminels. Les suspects arrêtés sont actuellement interrogés et les autorités envisagent des poursuites judiciaires à l’échelle nationale et internationale. Cette opération illustre l’engagement du Mali à combattre la criminalité organisée et à protéger les personnes exposées aux dangers de la traite humaine et des fraudes financières.
MD/ac/APA