Le Conseil supérieur de l’agriculture du Mali a tenu sa 16e édition le 9 juin 2026 à Koulouba, à la veille du démarrage de la nouvelle campagne agricole. La rencontre a permis d’examiner les résultats de la campagne écoulée, les préoccupations du monde rural et les orientations destinées à renforcer la productivité et la sécurité alimentaire.
Institué par la Loi d’orientation agricole, le Conseil supérieur de l’agriculture constitue un cadre de concertation entre les pouvoirs publics et les acteurs du secteur rural malien. La 16e session du Conseil supérieur de l’agriculture a réuni autour du Président de la Transition, Assimi Goïta, le Premier ministre, les ministres chargés de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et de la sécurité alimentaire, ainsi que les représentants de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali et des organisations professionnelles rurales.
Cette session intervient après les travaux préparatoires du Comité exécutif national de l’agriculture, tenus en avril 2026. Ceux-ci avaient fait état d’une production de 11 millions 452 540 tonnes de céréales pour la campagne 2025, de 433 700 tonnes de coton, de 157 775 tonnes de viande contrôlée, de 17 238 tonnes de lait collecté et de 122 671 tonnes de poisson.
Pour la campagne 2026, les projections disponibles tablent sur 11 millions 916 750 tonnes de céréales et 598 500 tonnes de coton. Ces objectifs traduisent la volonté des autorités de consolider les filières vivrières et de relancer la production cotonnière, qui reste importante pour les revenus ruraux, les exportations et l’activité agro-industrielle.
Le secteur agricole demeure central pour l’économie et l’emploi au Mali. Il occupe une large part de la population active et reste directement exposé aux aléas climatiques, à l’insécurité, aux difficultés d’accès aux intrants, aux perturbations des marchés et aux contraintes de financement.
La sécurité alimentaire reste l’un des enjeux majeurs de la campagne. Le Plan national de réponse 2026 cible environ 4 millions de bénéficiaires et prévoit notamment 20 000 tonnes d’aide céréalière d’urgence. Les analyses humanitaires estiment aussi qu’environ 1,6 million de personnes pourraient être confrontées à l’insécurité alimentaire aiguë pendant la période de soudure.
Les orientations du Conseil supérieur de l’agriculture portent sur l’amélioration de la productivité, l’accès aux intrants, l’encadrement des producteurs, la sécurisation des zones de production, la valorisation des chaînes de valeur et le renforcement de la souveraineté alimentaire.
Pour les autorités, la campagne 2026 doit permettre de soutenir les ménages ruraux, d’améliorer l’approvisionnement des marchés et de réduire la vulnérabilité alimentaire dans les zones les plus exposées. Sa réussite dépendra de la pluviométrie, de la disponibilité des intrants, de l’accès aux terres agricoles, de la situation sécuritaire et de la capacité des services techniques à accompagner les producteurs.
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