Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a fermement exclu toute négociation avec les groupes armés terroristes, tout en réaffirmant l’ouverture des autorités de transition à des échanges uniquement dans le cadre républicain.
Lors d’une rencontre tenue jeudi à Koulouba avec le corps diplomatique accrédité, le ministre malien des Affaires étrangères a établi une distinction nette entre dialogue politique et compromis avec les groupes terroristes, dans un contexte marqué par les attaques du 25 avril ayant fait de lourdes pertes, dont la mort du ministre de la Défense Sadio Camara.
Abdoulaye Diop a été catégorique : « Le gouvernement n’envisage pas de dialogue avec des groupes armés terroristes sans foi ni loi », accusant ces derniers d’être responsables des violences récurrentes subies par les populations maliennes depuis plusieurs années.
Cette position vise notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda et inscrit sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU depuis octobre 2018, conformément à la résolution 2368.
Le ministre a également pointé du doigt le Front de libération de l’Azawad (FLA), estimant que son alliance avec le JNIM revient à un choix assumé de soutien à une organisation terroriste reconnue comme telle par les Nations Unies, ce qui l’exclut de facto de tout cadre de discussion. Il a rappelé que ce mouvement revendique notamment des actions armées dans le nord du pays, dont la reprise de Kidal et des attaques coordonnées à Gao.
Malgré cette ligne de fermeté, les autorités maliennes maintiennent une ouverture au dialogue politique avec les acteurs évoluant dans un cadre institutionnel. Abdoulaye Diop a rappelé la poursuite des mécanismes tels que les Accords nationaux de réconciliation (ANR) et le Dialogue inter-malien (DIM), présentés comme les seules plateformes légitimes de concertation.
Il a également indiqué que des combattants ayant renoncé à la lutte armée continuent d’être intégrés dans le cadre républicain, dans une logique de désengagement et de réinsertion.
Sur le plan stratégique, le chef de la diplomatie malienne a insisté sur une réponse globale à la crise sécuritaire. Selon lui, la lutte contre le terrorisme ne peut être uniquement militaire et doit intégrer des dimensions géopolitiques, sociales et de développement.
Enfin, Abdoulaye Diop a réaffirmé la détermination du Mali à poursuivre l’objectif d’éradication du terrorisme sur son territoire ainsi que dans l’espace de la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), en coopération avec le Burkina Faso, le Niger et la Fédération de Russie.
MD/ac/Sf/APA







