La capitale malienne réunit plus de 90 experts africains et internationaux autour de la durabilité des infrastructures routières, un enjeu majeur pour la connectivité et l’intégration du continent. Ces assises interviennent alors que Bamako multiplie les investissements dans un réseau routier stratégique pour son développement économique et régional.
Le Mali a donné, ce jeudi, le coup d’envoi des 17ᵉ assises de l’Association des gestionnaires et partenaires africains des routes (AGEPAR), un rendez-vous majeur qui rassemble jusqu’au 27 septembre plus de 90 experts, décideurs publics, bailleurs de fonds et acteurs privés du secteur des infrastructures routières venus de tout le continent. Placée sous le thème « Durabilité des infrastructures routières en Afrique : problématique, solutions et perspectives », cette édition met l’accent sur les défis urgents de modernisation, d’entretien et de financement des routes africaines dans un contexte marqué par le changement climatique, l’explosion démographique et l’essor du commerce intra-africain.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre des Transports et des Infrastructures, Dembélé Madina Sissoko, a rappelé que la route demeure un levier fondamental de l’intégration économique, représentant plus de 80 % des échanges commerciaux intra-africains selon la Banque africaine de développement (BAD). Elle a souligné que ces assises constituent « une plateforme unique pour partager les expériences, renforcer la coopération et attirer de nouveaux partenariats techniques et financiers ».
Le Mali s’est engagé dans un vaste programme de réhabilitation et d’entretien de son réseau routier, évalué à 182 milliards de FCFA en 2025 pour l’amélioration de près de 20 000 km de routes nationales et régionales. Ce plan s’accompagne de projets d’envergure régionale, dont un financement de 219,8 millions de dollars (environ 133 milliards FCFA) approuvé par la Banque mondiale en mai dernier pour renforcer la connectivité du corridor Bamako-Dakar, notamment avec la réhabilitation du tronçon Diéma-Sandaré (137,7 km).
L’AGEPAR, qui regroupe aujourd’hui 25 pays membres, ambitionne de faire de cette rencontre un espace de réflexion stratégique sur les standards techniques, les innovations en matière de durabilité et les mécanismes de financement, alors que le continent africain accuse encore un déficit estimé à 100 milliards de dollars par an dans les infrastructures, dont près de 40 % pour le secteur routier. L’Afrique subsaharienne compte en effet moins de 25 % de routes revêtues, un frein majeur au développement économique et à la compétitivité régionale.
Outre les sessions plénières, les participants échangeront sur des solutions concrètes, telles que l’utilisation de matériaux recyclés pour les chaussées, l’intégration de technologies d’entretien prédictif et la planification de corridors logistiques multimodaux pour soutenir la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les recommandations issues de ces travaux devraient alimenter les politiques publiques nationales et régionales pour une meilleure planification et une plus grande résilience des infrastructures face aux défis du XXIᵉ siècle.
Pour le Mali, qui ambitionne d’être un carrefour stratégique entre l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ces assises représentent bien plus qu’un simple forum technique. Elles traduisent une volonté politique de bâtir un réseau routier moderne, durable et capable de soutenir l’intégration économique, la mobilité des populations et la croissance à long terme.
MD/ac/Sf/APA





