Les États-Unis annoncent leur retrait officiel de l’UNESCO, dénonçant une organisation jugée trop politisée et en décalage avec leur politique étrangère « America First ». Ce départ, effectif fin 2026, marque une rupture symbolique dans les relations de Washington avec les institutions internationales.
Les États-Unis ont officiellement informé l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) de leur décision de se retirer de cette institution d’ici le 31 décembre 2026, a déclaré mardi Tammy Bruce, porte-parole du département d’État américain.
Selon le communiqué officiel transmis à APA, Washington justifie ce retrait par le fait que la poursuite de leur engagement au sein de l’UNESCO ne sert plus les intérêts nationaux américains. L’UNESCO est accusée de promouvoir des causes sociales et culturelles jugées « divisives » et d’accorder une attention excessive aux Objectifs de développement durable des Nations Unies, qualifiés de « globalistes » et contraires à la politique étrangère américaine dite « America First ».
Par ailleurs, les États-Unis dénoncent la décision de l’UNESCO d’admettre « l’État de Palestine » en tant que membre, estimant que cette mesure est « contraire à la politique américaine » et a alimenté la multiplication de discours anti-israéliens au sein de l’organisation.
Réaction de l’UNESCO
Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, a exprimé son profond regret face à cette décision, la qualifiant de contraire aux principes du multilatéralisme. Dans une déclaration publiée mardi à Paris, elle a rappelé que cette annonce, bien que regrettable, était attendue. L’UNESCO a, selon elle, engagé d’importantes réformes structurelles ces dernières années, diversifié ses financements et réduit la dépendance aux contributions américaines, désormais limitées à 8 % du budget total, contre parfois 40 % dans d’autres agences de l’ONU.
La Directrice générale a insisté sur les succès récents de l’organisation, citant notamment la réhabilitation de la vieille ville de Mossoul, l’adoption du premier cadre mondial sur l’éthique de l’intelligence artificielle, ainsi que ses actions en faveur de la culture, de l’éducation en zones de conflits (Ukraine, Liban, Yémen) et la lutte contre l’antisémitisme par l’enseignement de la Shoah. Elle a souligné que l’UNESCO reste un lieu rare de consensus multilatéral concret, où les États-Unis sont toujours les bienvenus.
Audrey Azoulay a assuré que l’UNESCO poursuivra ses missions malgré une probable baisse des ressources et continuera de collaborer avec les partenaires américains du secteur privé, académique et associatif ainsi que les autorités américaines.
Le retrait officiel prendra effet au 31 décembre 2026, conformément à l’article II(6) de la Constitution de l’UNESCO. Les États-Unis resteront membres à part entière jusqu’à cette date, précisent les autorités américaines.
Washington annonce par ailleurs que sa participation future aux organisations internationales se concentrera exclusivement sur la défense claire et résolue de ses intérêts nationaux.
AC/Sf/APA






