Les relations entre l’Éthiopie et le Somaliland connaissent un tournant dramatique après l’échec d’un accord clé concernant l’accès commercial à la mer Rouge. En réponse à ce revers diplomatique, le Somaliland a expulsé des centaines de migrants éthiopiens, exacerbant ainsi les tensions entre les deux parties. Cette crise survient alors que l’Éthiopie et la Somalie semblent entamer un processus de rapprochement après des années de tensions.
L’atmosphère entre l’Éthiopie et le Somaliland oscille comme un pendule, passant d’une ambiance chaleureuse à un sentiment de représailles de la part de ce dernier. Alors que les tensions avec la Somalie voisine se dissipent progressivement, les relations entre l’Éthiopie et le Somaliland séparatiste entrent dans une situation désespérée, suite à un revirement soudain concernant un accord raté portant sur la mer Rouge.
Cet accord devait garantir à l’Éthiopie un accès commercial à la mer Rouge, tandis que le Somaliland, en contrepartie, espérait une reconnaissance de sa souveraineté de la part de l’Éthiopie. Cette perspective a été mal perçue par les autorités de Mogadiscio, mettant l’Éthiopie sur une trajectoire diplomatique conflictuelle avec son voisin qui considère toujours le Somaliland comme une partie de son territoire.
Le Somaliland, un territoire de 176 120 km² et comptant environ 6,2 millions d’habitants, revendique son indépendance depuis 1991. Il possède sa propre monnaie et les attributs d’un État souverain. Toutefois, cette situation s’accompagne d’une forte opposition du gouvernement fédéral de Mogadiscio, soutenu par la communauté internationale, qui refuse de reconnaître le Somaliland.
Ces dernières semaines, les relations entre l’Éthiopie et la Somalie ont amorcé une reprise, avec une série d’efforts diplomatiques. Le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, a effectué une visite en Somalie, illustrant les efforts pour renforcer les liens bilatéraux en matière de sécurité, d’économie et de diplomatie, après des tensions sévères l’année précédente, qui avaient compromis le rôle de l’Éthiopie dans les missions de maintien de la paix en Somalie.
Cependant, le Somaliland a exprimé son mécontentement face à l’attitude timide de l’Éthiopie concernant le protocole d’accord de janvier 2024, qui aurait constitué un coup diplomatique majeur pour Hargeisa. Après plus de trente ans de lutte pour la reconnaissance mondiale en tant que république souveraine, le Somaliland semblait avoir l’opportunité de se voir enfin reconnu.
En réponse, sans avertissement, le Somaliland a expulsé des centaines de migrants éthiopiens, une mesure qui semble être une forme de représailles face au revirement d’Addis-Abeba. Selon certains migrants expulsés, la police du Somaliland a lancé une campagne d’expulsions dans la ville d’Hargeisa, deux semaines après que le gouvernement éthiopien et celui de Mogadiscio avaient décidé de mettre fin à leur querelle.
De nombreux migrants éthiopiens résidaient au Somaliland avec des cartes de réfugié, des visas ou des permis de travail, bien qu’un nombre significatif entre illégalement dans la région chaque année. Les autorités du Somaliland n’ont pas officiellement commenté ces expulsions, mais nombreuses sont les spéculations qu’il s’agissait d’un message adressé à Addis-Abeba. Les expulsés appartiennent en grande majorité au groupe ethnique des Oromo d’Éthiopie, souvent dans des emplois peu rémunérés ou se contentant de mendier dans les rues.
À ce jour, l’Éthiopie n’a pas réagi officiellement à la nouvelle vague d’expulsions au Somaliland. La situation demeure complexe, mettant en lumière les tensions croissantes entre les aspirations d’indépendance du Somaliland et les réalités diplomatiques régionales.
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