Le Mozambique est de nouveau confronté au spectre de l’insécurité. Un violent affrontement survenu dans la province de Nampula a fait huit morts, soulevant des questions sur l’imbrication entre activités de milice et affiliations politiques.
Un accrochage a fait huit morts au Mozambique, en début de semaine dans le district de Mogovolas. Il a opposé des policiers à des membres de la milice paysanne Naparamas, historiquement connue pour son rôle d’autodéfense lors de conflits antérieurs. Les autorités ont rapporté que sept miliciens et un agent de police ont été tués, tandis que cinq Naparamas ont été interpellés.
Selon les responsables provinciaux, le groupe aurait tenté de prendre d’assaut des bâtiments sous surveillance policière. Fait aggravant, certains des assaillants arboraient des insignes de partis politiques.
Placido Pereira, secrétaire d’État de Nampula, a précisé que les victimes n’étaient pas des mineurs informels, contrairement à certaines allégations, mais étaient identifiables par les rubans rouges associés aux Naparamas. Il a ajouté que des sympathisants de partis politiques se trouvaient parmi eux, munis de cartes de membre et de T-shirts.
La porte-parole de la police, Rosa Chauque, a établi un lien entre cet incident et des troubles survenus le 19 décembre. Des membres de l’Alliance nationale pour un Mozambique libre et autonome (Anamola) avaient alors manifesté devant le tribunal de district de Mogovolas.
Cette précédente manifestation exigeait la libération de huit personnes accusées de désordre public et de complot. Elle s’était soldée par plusieurs arrestations, dont celle d’un coordinateur de district de l’Anamola.
Les autorités avancent désormais que des membres de l’Anamola étaient présents lors de l’affrontement de Mogovolas, intensifiant les soupçons d’implication politique. L’Anamola, fondé par l’ancien candidat à la présidence Venancio Mondlane, nie toutefois avoir incité à la violence.
Cet incident survient dans un contexte sécuritaire fragile pour le Mozambique. Bien que le pays ait réalisé des progrès dans la stabilisation de la province de Cabo Delgado après des années d’insurrection islamiste, la violence sporadique continue de miner la confiance dans l’autorité de l’État.
Les Naparamas, autrefois salués pour avoir défendu les communautés rurales contre les rebelles de la Renamo dans les années 1990, ont refait surface ces dernières années, compliquant le tableau sécuritaire. Les analystes mettent en garde : l’imbrication d’activités de milice et de revendications politiques risque de raviver l’instabilité dans les provinces du nord.
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