En décembre dernier, le représentant des entreprises marocaines, la CGEM, a entamé des discussions avec l’Etat d’Ogun au Nigéria afin de collaborer dans des secteurs clés comme l’énergie ou l’industrie automobile, créer des chaines de valeur africaines et développer des projets industriels communs.
Dans une démarche ambitieuse qui entre dans le cadre de la coopération Sud-Sud, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a conclu un mémorandum d’entente avec l’État d’Ogun, au sud-ouest du Nigéria. Cet accord, signé par le vice-président de la CGEM, Ali Zerouali, et le gouverneur nigérian Dapo Abiodun, vise à structurer une collaboration économique approfondie autour de plusieurs secteurs clés, à fort potentiel pour les deux parties.
Parmi les axes prioritaires identifiés figure le secteur énergétique. Le Maroc mettra à profit son expertise reconnue dans les énergies renouvelables et conventionnelles pour accompagner le programme « Light Up Ogun ». L’objectif est ambitieux : aider l’État nigérian à générer entre 6 000 et 7 000 mégawatts supplémentaires, en s’appuyant sur les avancées marocaines dans le solaire, l’hydroélectricité et le gaz naturel.
Le domaine agroalimentaire constitue également un pilier de ce partenariat. Le Maroc, acteur continental majeur dans la production de fertilisants, projette l’implantation d’une usine de grande envergure à Ogun. Cette infrastructure contribuera à renforcer la sécurité alimentaire régionale, en favorisant la production agricole locale et en réduisant la dépendance aux importations.
Dans le secteur automobile, la CGEM propose le développement d’un écosystème industriel intégré à Ogun, articulé autour d’unités de production capables d’exporter vers l’ensemble de l’Afrique subsaharienne. Ce projet s’appuiera sur la zone économique spéciale de l’aéroport international Gateway, un levier stratégique pour l’industrialisation et la logistique régionale.
Au-delà de ces secteurs productifs, l’accord inclut des volets structurants en matière d’infrastructures et de formation. La CGEM s’engage à soutenir la construction du port d’Olokola, appelé à devenir le plus profond du Nigéria, ainsi que l’extension de la ligne ferroviaire urbaine Blue Line reliant Lagos à Ogun, pour améliorer la connectivité inter-régionale.
Le volet éducatif n’est pas en reste : des partenariats seront mis en place pour renforcer les capacités des collèges techniques d’Ogun, en vue de former une main-d’œuvre qualifiée adaptée aux besoins des industries locales. Parallèlement, des projets conjoints dans le logement et l’urbanisme sont prévus, avec l’ambition de bâtir des villes intelligentes. Cette dynamique s’appuiera notamment sur l’expérience de l’État d’Ogun, qui a déjà livré 5 000 unités de logement.
Ce rapprochement n’est pas anodin. Dès décembre 2024, la CGEM avait entamé des discussions avec les autorités nigérianes pour jeter les bases d’une coopération industrielle mutuellement bénéfique, axée sur la création de chaînes de valeur régionales et le développement de projets communs dans les domaines porteurs.
Enfin, la région d’Ogun, point de départ du projet stratégique de pipeline Afrique Atlantique, se positionne comme un futur hub énergétique et logistique, ouvrant de nouvelles perspectives d’intégration économique sur le continent.
Par cet accord, le Maroc et le Nigéria illustrent concrètement leur volonté de construire des partenariats durables, capables de générer un développement inclusif, à l’échelle africaine.
MK/te/Sf/APA