Après l’exclusion des Démocrates de la présidentielle, Talon et Boni Yayi annoncent une rencontre pour la paix.
Au Bénin, le président sortant Patrice Talon et son prédécesseur Thomas Boni Yayi ont convenu d’un dialogue direct, prévu vendredi, afin de désamorcer la crise née du rejet de la candidature du principal parti d’opposition, Les Démocrates, à la présidentielle d’avril 2026, a annoncé mercredi soir l’ex-chef de l’État.
Dans un communiqué parvenu à APA, le Dr Thomas Boni Yayi précise que cette rencontre, prévue ce 24 octobre 2025, se tiendra « dans un esprit de fraternité et de responsabilité nationale » pour « examiner ensemble les voies de sortie de la crise actuelle ».
« Suite à la décision rendue par la Cour constitutionnelle ce jour, et conscients des tensions et incompréhensions qu’elle a suscitées au sein de notre Nation, le président Patrice Talon et moi avons convenu de nous retrouver pour un dialogue direct et républicain », a déclaré l’ancien président, soulignant que les échanges porteront sur les mesures de préservation de la paix sociale, de la stabilité institutionnelle et de la cohésion nationale.
Pour Thomas Boni Yayi, seul le dialogue permettra au Bénin d’organiser des élections « inclusives, transparentes et paisibles ».
Deux candidatures validées, Les Démocrates recalés
Cette initiative d’apaisement intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la validation de deux candidatures par la Commission électorale nationale autonome (CENA) et le rejet de celle du parti Les Démocrates pour insuffisance de parrainages.
Dans une décision rendue publique jeudi, la CENA a retenu les duos Kossi Mbueke Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata et Paul Hounkpè – Rock Judicaël Hounwanou, jugés « complets et conformes » sur les cinq dossiers examinés.
Le binôme Vignilé Renaud Léandre N’doufou Agbodjo – Jude Bonaventure Lodjou, présenté par Les Démocrates, n’a obtenu que 27 parrainages valides sur les 28 exigés par la loi, après l’invalidation d’une fiche déposée au nom du député Michel François Oloutoyé Sodjinou. Ce déficit d’un parrainage a entraîné le rejet du dossier.
Recours rejeté par la Cour constitutionnelle
Plusieurs élus du parti Les Démocrates, dont le député Abdel Kamel Ouassagari, avaient saisi la Cour constitutionnelle pour contester l’ordonnance du tribunal de première instance de Cotonou ayant invalidé le parrainage du député Sodjinou.
Mais, après examen, la haute juridiction s’est déclarée incompétente pour statuer sur le recours, estimant que l’affaire ne relevait pas de sa compétence.
Autres candidatures écartées
Outre Les Démocrates, deux autres candidatures – Anatole Jackson Prince Ouinsavi – Kaossarath Remilekoun Agathe Bello et Élisabeth Agbossaga épouse Jawad – Boni Neto Gansare – ont également été rejetées pour absence de parrainages et de cautionnement.
Ainsi, seuls deux duos restent en lice pour la prochaine présidentielle : celui de Romuald Wadagni, actuel ministre de l’Économie et des Finances, représentant la mouvance présidentielle, et celui de Paul Hounkpè, chef de file de l’opposition parlementaire.
Les candidats recalés disposent encore de 48 heures pour introduire un recours devant la Cour constitutionnelle, avant la publication de la liste définitive des prétendants à la magistrature suprême.
Le scrutin présidentiel, prévu en avril 2026, se tiendra conformément au calendrier établi par la CENA, dans un climat politique que le dialogue annoncé entre Patrice Talon et Thomas Boni Yayi pourrait contribuer à apaiser.
AC/Sf/APA






