La jeunesse africaine a appelé jeudi à une plus grande participation aux décisions politiques et économiques du continent, tandis que les fondateurs d’Elevate Africa ont annoncé la tenue de la prochaine édition de leur rencontre annuelle à Freetown, en Sierra Leone, à l’issue de la clôture de l’édition 2026 à Accra.
Présenté par Zahra Ahmed Ajetumi, le communiqué de la jeunesse a exhorté les dirigeants africains à donner aux jeunes un accès effectif aux financements, aux marchés et aux instances de décision, estimant que ceux-ci ne doivent plus être considérés comme les seuls « leaders de demain ».
« Nous ne sommes pas ici simplement pour hériter de l’avenir de l’Afrique. Nous sommes ici pour contribuer à le bâtir », a déclaré la militante des Objectifs de développement durable et ambassadrice de la jeunesse, au nom des fellows d’Elevate Africa et des jeunes délégués de la rencontre.
Dans leur communiqué, les jeunes ont demandé aux chefs d’État et de gouvernement de leur accorder « pas la permission de parler, mais l’autorité d’agir », à travers des formations, des possibilités de financement et une présence dans les espaces où se prennent les décisions.
Ils ont également appelé les autorités traditionnelles à associer davantage les jeunes à la gestion des institutions coutumières et à leur offrir des possibilités concrètes d’accès à la terre, à l’apprentissage et aux réseaux économiques.
À l’endroit des entreprises, investisseurs et banques africains, ils ont demandé des conditions de financement adaptées aux réalités du continent, des objectifs publics en matière d’emploi et de formation des jeunes, ainsi que leur représentation dans les conseils d’administration avec un droit de vote.
Le communiqué a aussi invité la diaspora africaine à revenir sur le continent avec ses capitaux et ses compétences, en étant considérée comme une partie de la famille africaine plutôt que comme une simple source de financement.
Sur la question de la justice réparatrice, les jeunes ont notamment réclamé la restitution des objets et des archives liés à l’histoire africaine, la restauration de la dignité des peuples et l’ouverture de voies d’accès à la citoyenneté pour les descendants des personnes déportées depuis les côtes africaines.
« L’heure de l’Afrique n’est pas une date sur un calendrier. C’est une décision. Et nous, les jeunes de ce continent, avons décidé que l’heure de l’Afrique, c’est maintenant », a affirmé Zahra Ahmed Ajetumi.
Les jeunes ont par ailleurs demandé à Elevate Africa de se faire le dépositaire de leur communiqué, de le transmettre aux institutions concernées et de rendre compte, lors de la prochaine rencontre, des réponses obtenues et des actions engagées. Ils se sont également engagés à se soumettre à cette exigence de redevabilité.
La clôture a également été marquée par la présentation et la signature de la Déclaration d’Accra, un document de plus de 90 pages ouvert à l’adhésion des dirigeants, institutions et partenaires d’Afrique et de la diaspora.
La déclaration s’articule autour de plusieurs axes, dont la mémoire de la traite transatlantique des esclaves et la justice réparatrice, la coopération économique entre les Africains, ainsi que le leadership et la place des générations futures.
Elle appelle notamment à porter d’une seule voix africaine, avec les Caraïbes, la quête de justice réparatrice, à restituer les biens et les archives emportés, et à envisager l’octroi de la citoyenneté et de terres aux descendants des personnes déportées. Elle plaide également pour une mise en œuvre effective de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), une meilleure maîtrise africaine des données et de l’intelligence artificielle, ainsi que pour une participation pleine des jeunes, des femmes et des personnes handicapées aux décisions.
Le directeur du Bureau des affaires de la diaspora du Ghana, Kofi Okyere-Darko, ainsi que les cofondateurs d’Elevate Africa, Ogiame Atuwatse III, 21e Olu du royaume de Warri, et son épouse Olori Atuwatse III, ont pris part à la signature du document à Accra.
Dans son mot de clôture, Olori Atuwatse III a salué l’accueil réservé à la délégation nigériane par les autorités ghanéennes, soulignant l’esprit de fraternité manifesté par le pays hôte.
« Vous ne nous connaissiez pas. Nous venons du Nigeria, ceux avec qui vous êtes en compétition. Mais vous avez fait preuve de parenté, de fraternité, du véritable esprit africain », a-t-elle déclaré, en remerciant le gouvernement et le peuple ghanéens.
Elle a ensuite annoncé que la prochaine édition de l’Elevate Africa Annual Convening se tiendra à Freetown, en Sierra Leone, en 2027, autour du thème « Africa: Free to Rise » (L’Afrique libre de s’élever).
Selon la cofondatrice, le président sierra-léonais Julius Maada Bio avait invité les organisateurs à accueillir la prochaine rencontre dans son pays.
La rencontre d’Accra, organisée les 28 et 29 octobre 2026, était consacrée au leadership, à la gouvernance, à l’économie créative, à la jeunesse et à la diaspora.
AC/APA





